Grand reportage - Brésil: le funk des favelas criminalisé

Au Brésil, après la samba et la capoeira, le funk est désormais vu comme une activité criminelle par les forces de l’ordre au Brésil. Sans doute parce que les protagonistes de ce style de musique et de cette culture sont noirs, jeunes, et originaires de favelas. C’est dans ces quartiers pauvres qu’ont lieu les «baile funk», de grandes fêtes à ciel ouvert où les habitants se rendent au péril de leur vie. «Brésil: le funk des favelas criminalisé». Un Grand reportage de Sarah Cozzolino, réalisé par Pierre Chaffanjon. (Rediffusion du 30 janvier 2020)

2020-07-22 13:23:14 Lire l'article

Grand reportage - L’Alsace en mal de touristes 

L’Alsace est l’une des régions les plus touristiques de France. Mais, ce printemps, elle a été durement frappée par l’épidémie de coronavirus.Classée en rouge pendant plusieurs semaines, le journal le Monde l’avait rebaptisée ‘Coronaland’.  Si le mot Alsace fait surgir des images de maisons à colombages, de géraniums aux fenêtres, et de cigognes. Il a été synonyme, ce printemps, d’hôpitaux débordés et de cercueils regroupés dans des entrepôts.15 millions de touristes visitent normalement l’Alsace, chaque année. Mais, cette année, ce ne sera pas le cas. L’Alsace en mal de touristes, un Grand Reportage d'Angélique Férat.

2020-09-14 15:10:13 Lire l'article

Grand reportage - Le charme des trains de nuit

Partir un soir de quelque part et se réveiller le matin ailleurs, après avoir traversé la France, c'était l'un des charmes des trains de nuit qui ont pratiquement disparu du paysage depuis une dizaine d'années. Voilà que deux lignes sont aujourd'hui relancées car les trains de nuit ont toujours la cote auprès des voyageurs, et suscitent même un étonnant engouement.  Le charme des trains de nuit, c'est un Grand reportage de Stéphane Geneste.

2020-09-23 14:32:57 Lire l'article

Grand reportage - Trente ans après, le spectre de la «Période spéciale» plane encore

Il y a tout juste trente ans, Cuba entrait dans la « Période Spéciale en temps de paix », une longue période de crise économique provoquée par la chute de l’URSS, son principal allié. Aujourd’hui, Cuba affronte encore d’importantes difficultés économiques aggravées par des sanctions américaines accrues. Une crise qualifiée de conjoncturelle mais qui rappellent à certains Cubains les années 90. Trente ans après, le spectre de la Période spéciale plane encore sur Cuba, un Grand reportage de Domitille Piron.Réalisation, Ewa Piedel.

2020-08-31 12:39:48 Lire l'article

Grand reportage - Maracaibo, la ville de tous les maux du Venezuela

Au Venezuela, l’ancien paradis du pétrole, Maracaibo, est devenu le symbole de la descente aux enfers du pays. Cette ville, la deuxième du Venezuela, était la plus prospère et la plus moderne quand le pétrole coulait à flots. Mais avec la crise économique, elle est frappée de plein fouet par le marasme économique, les coupures d’électricité, les pénuries d’eau et d’essence. C’est une ville à la dérive où les habitants sombrent dans la misère. Maracaibo, la ville de tous les maux du Venezuela. C’est un Grand reportage signé Benjamin Delille. (Rediffusion du 29/01/2020).

2020-07-28 13:33:46 Lire l'article

Grand reportage - Le tourbillon du Covid-19 en Alsace: trois soignants de proximité racontent

Pour les professionnels de santé en France, le pire de la crise sanitaire est passé, mais ils affrontent désormais les souvenirs et l’empreinte physique et psychologique que la gestion de l’épidémie a laissés en eux. En Alsace, l’une des régions les plus touchées par le coronavirus, deux infirmières et un médecin généraliste de la Maison de Santé Pluriprofessionnelle du village de Bartenheim, au sud de Mulhouse, se sont confiés au micro de notre reporter Lucile Gimberg.Avec leurs collègues, ils ont traité un total de 800 patients Covid.Ils racontent aujourd’hui comment ils ont traversé ces mois de travail sans relâche, dans un contexte d’angoisse, de tension et de mort.Voici leurs témoignages. « Le tourbillon du Covid-19 en Alsace: trois soignants de proximité racontent », un Grand reportage de Lucile Gimberg, réalisation : Pierre Chaffanjon. (Rediffusion du 15 juillet 2020)

2020-07-15 13:35:20 Lire l'article

Grand reportage - Beyrouth, l’espoir en faillite

Le mardi 4 août, Beyrouth était ravagée par une puissante explosion qui a couté la vie à près de 190 personnes. Le traumatisme et les dégâts aggravent encore la descente aux enfers économique et sociale que connait le Liban, sur fond de blocage politique et de colère d’une partie de la population envers les dirigeants du pays. Beyrouth,l’espoir en faillite : un Grand Reportage de Nicolas Falez et Nicolas Benita.

2020-09-03 14:49:44 Lire l'article

Grand reportage - Comment éviter le décrochage des sous-traitants de l'aéronautique?

Avec l'effondrement du trafic aérien, conséquence de la pandémie de coronavirus, c'est toute une filière, l'aéronautique, qui souffre. Après des années d'effervescence, les commandes et les livraisons d'avions sont en berne, entraînant dans la tourmente des centaines d'entreprises. Dans la région de Toulouse, depuis que l'avionneur Airbus a annoncé des pertes records ainsi que son propre plan social, rien ne va plus chez les sous-traitants. Malgré le vaste plan de relance de l'État en faveur de l'industrie, les plans sociaux menacent des milliers d'emplois dans la région. Comment éviter le décrochage des sous-traitants de l'aéronautique ? C'est un Grand reportage d'Aabla Jounaïdi, réalisé par Jérémie Besset.

2020-09-11 12:38:43 Lire l'article

Grand reportage - Anosmiques de naissance ou par accident, pour une durée limitée ou toute la vie

C’est une pathologie peu connue qui fait désormais les grands titres des journaux : l’anosmie décrit l’absence d’odorat et fait désormais partie des symptômes fréquents du coronavirus. 85% des malades européens perdent ainsi la faculté de sentir, et découvrent souvent du même coup que l’odorat est un sens qui peut se perdre, que sa disparition s’accompagne d’une quasi absence de goût déconcertante. Méconnu, cet handicap sensoriel est pourtant plus fréquent qu’on ne le croit, les scientifiques estiment ainsi qu’entre 5% et 10% de la population aurait un odorat défaillant, un chiffre en augmentation avec le vieillissement de la population. Ne pas sentir l’odeur de son conjoint, ne pas savoir si un vêtement est propre ou pas, ignorer si l’on doit changer un bébé... Vivre sans odeur comporte bien plus d’entraves que l’on imagine à première vue et ces difficultés du quotidien peuvent devenir une véritable souffrance quand elles s’installent avec le temps et quand l’anosmie devient irrémédiable. Mal vécu, cet handicap l’est alors d’autant plus qu’il est méconnu et complexe. Mais pour comprendre ses origines diverses, il faut d’abord rappeler le cheminement d’une odeur : lorsque vous rentrez chez vous et découvrez en un instant, la clef à peine mise dans la serrure, que quelqu’un s’affaire en cuisine, c’est le fruit d’un enchaînement de transmissions : vous inspirez et des molécules odoriférantes présentes dans l’air pénètrent dans le nez et remontent en haut des fosses nasales. Elles entrent alors dans la muqueuse olfactive qui transforme la molécule en influx nerveux transmis au bulbe olfactif, partie du cerveau qui envoie un signal électrique au cortex orbitofrontal chargé de faire correspondre le signal reçu à cette odeur bien connue de soupe, de plat en sauce ou de gâteau qui cuit. Ce mécanisme instantané est à l’origine d’un des premiers sens développés chez le fœtus, avant même la vue et l’ouïe, et il permet, quand tout fonctionne bien de pouvoir sentir jusqu’à 10 000 odeurs. Mais sur cette route jusqu’au cerveau, une odeur peut connaître des mésaventures à plusieurs étapes. Elle peut d’abord être bloquée au niveau des fentes nasales, par un rhume, une rhinite, la présence de polype (une tumeur bénigne des muqueuses), ou bien parce que le nez ne laisse pas passer les molécules (suite à un coup, une chirurgie de la cloison nasale, une morphologie du nez). À l’étape suivante, quand l’odeur arrive au bout des fosses nasales, elle peut ne pas atteindre le cerveau, car les cellules de la muqueuse olfactive sont abîmées, par exemple à cause de solvants comme l’acétone, de produits chimiques volatils respirés trop fort, ou bien d’un virus. L’animal est capable de remplacer des cellules endommagées en en produisant des nouvelles, d’après le neurophysiologiste de l’odorat Didier Trotier, la recherche n’a pas encore déterminé si l’espèce humaine pouvait faire de même. Si une odeur a pu se hisser en haut des fentes nasales, entrer en contact avec les cellules de la muqueuse olfactive, il arrive qu’elle ne puisse pas aller plus loin vers le cerveau, car le bulbe olfactif n’existe pas (1 homme sur 10 000 et 1 femme sur 50 000 naissent sans) ou bien parce qu'il a été endommagé par une chute. Lors de traumatismes crâniens, les filaments qui relient le bulbe et la muqueuse peuvent en effet être sectionnés. L’anosmie arrive parfois seule, elle peut aussi être parfois le syndrome de maux plus graves comme une tumeur cérébrale, d’un traumatisme psychologique ou d’une démence, ou encore de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. À ce propos, le professeur Tran Ba Huy, ORL responsable du service de l’Hôpital Lariboisière, dit se sentir pris par des dilemmes éthiques : « C’est toujours délicat d’expliquer à des patients qu’ils seront peut-être atteints d’Alzheimer dans environ six ans. » Depuis l’arrivée du Covid-19, l’anosmie et l’absence de goût qui l’accompagne presque toujours est devenue un des symptômes les plus curieux de la pandémie mondiale. En effet, si l’anosmie peut souvent arriver dans les maladies provoquant une obstruction du nez, ce n’est pas le cas du nouveau coronavirus. Autre curiosité : l’anosmie est un symptôme principalement constaté en Europe, où, d’après la récente étude de l’ORL français Jérôme Lechien, elle est constatée chez 85% des malades interrogés. Enfin, les femmes demeurent plus touchées par ce symptôme que les hommes. Si, pour l’instant, la majorité des convalescents voient leur anosmie disparaître avec la maladie, comprendre d’où provient ce symptôme est encore un mystère. Pour certains chercheurs, ce serait après une affection de la muqueuse nasale par le virus, pour d’autres, le Covid-19 toucherait directement le bulbe olfactif. ► À écouter aussi : Coronavirus: quand la perte du goût et de l'odorat surviennent Que peut-on faire pour soigner l’anosmie ? Il existe à ce jour trois traitements principaux contre l’anosmie, mais aucun n’est effectif pour tout type d’anosmie et aucun non plus n’est efficace à 100%. La chirurgie peut être envisagée pour enlever des polypes, si ces derniers sont la cause de l’anosmie. Un tiers des patients opérés retrouvent alors une partie de l’odorat.En cas d’anosmie virale, des corticoïdes peuvent être pris, encore une fois sans aucune efficacité garantie, pour empêcher l’inflammation de la muqueuse.Si l’anosmie est causée par une maladie virale ou un traumatisme, une rééducation peut être envisagée. L’odorat est un sens qui réagit en effet bien à ce que le professeur Tran Ban Huy surnomme une « gymnastique olfactive ». Plus on fait travailler son nez, mieux il sentira, c’est un phénomène qui s’observe de manière emblématique chez les professions où ce sens est clef comme sommelier ou nez, qui deviennent capables de reconnaître un millésime précis, la composition exacte d’un parfum à force d’exercice. Dans la même logique, une rééducation a été mise en place pour les anosmiques par le professeur allemand Hummel qui enjoint les anosmiques à respirer deux fois par jour pendant douze semaines des essences de rose, d’eucalyptus, de citron et de girofle en lisant bien le nom de l’odeur que l’on hume. Aucun chiffre n’existe pour quantifier la réussite de cette rééducation. Pourquoi l’anosmie est-elle si peu connue ? L’absence d’odorat semble paradoxalement pâtir des mêmes préjugés que le sens lui-même, négligé et souvent considéré comme inférieur aux autres. D’après le professeur Tran Ban Huy, c’est une ignorance culturelle héritée des Lumières et de la psychanalyse ensuite, pour qui « sentir est assimilé au désir à l’instinct, bref à l’animalité ». Dans un article scientifique qui dresse un panorama historique du mépris des odeurs, le professeur rappelle en effet que la hiérarchie des sens que proposent plusieurs philosophes piliers de la pensée occidentale n’est clairement pas en faveur de l’odorat : Kant oppose par exemple les sens objectifs (vue, toucher, ouïe) aux sens subjectifs (goût et odorat) et assurent du même coup, comme Descartes avant lui, que seuls les premiers peuvent amener à la connaissance. Invisible, éphémère, loin de l’abstraction des concepts, mais proche des instincts, l’odorat est également relégué à la dernière place de la hiérarchie de Buffon. Les lumières n’ont pas d’odeur, et Freud semble sur ce point être leur digne héritier lorsqu’il débute ses travaux sur la psyché humaine en méprisant également ce sens . Pour lui, « le déclin du sens olfactif relève d’un processus civilisateur, d’un refoulement organique », « un développement civilisé normal suppose donc de renoncer aux plaisirs olfactifs de notre enfance », explique Patrice Tran Ba Huy. Un cas en particulier explicite bien les préjugés des débuts de la psychanalyse envers le nez : celui d’Emma Eckstein, une jeune femme viennoise qui entre en contact avec Freud pour soigner des troubles dépressifs successifs à des abus sexuels. Ce dernier partage alors les idées de l’ORL Wilhelm Fliess avec qui il correspond beaucoup à la fin du XIXe siècle. Il en est alors convaincu : troubles sexuels et odorat sont liés, et confie la jeune femme à son confrère qui lui cautérisera le nez, et endommagea du même coup l’organe de la jeune femme. Mais Sigmund Freud n’est pas le seul à considérer le nez comme la cause de tous les maux. Les hygiénistes de son siècle en sont également convaincus : c’est en humant l’air que des maux de tout genre se propagent. Ce rapprochement hâtif se retrouve dans la langue même, où « pestilence » a longtemps signifié tout à la fois une mauvaise odeur et une épidémie, soit le mal et sa cause supposée. Retracer l’histoire de nos environnements olfactifs, comme l’ont fait les chercheurs Alain Corbin et Annick Le Guérer, revient alors à évoquer une grande chasse aux mauvaises odeurs que l’historien résume ainsi : « cette mystérieuse et inquiétante désodorisation qui fait de nous des êtres intolérants à tout ce qui vient rompre le silence olfactif de notre environnement. » Fantômes d’odeur Quelle odeur voudriez-vous connaître ? Quel parfum vous manque le plus ? Questionner les anosmiques, c’est se rappeler à quel point les odeurs sont liées à l’intime et combien elles nous accompagnent au quotidien. C’est aussi mesurer ce que représente une vie  « en noir et blanc » quand on a connu toutes les couleurs, pour reprendre une image qui revient fréquemment dans les propos de ceux qui ont perdu l’odorat, et des deux associations françaises d’anosmiques qui existent à ce jour. (Rediffusion du 14 avril 2020).

2020-07-21 14:52:29 Lire l'article

Grand reportage - «Charlie Hebdo»: retour sur trois jours d'attentats à Paris

Le procès des attentats de janvier 2015 s’ouvre ce mercredi 2 septembre à Paris. Entre le 7 et le 9 janvier, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly avaient assassiné 17 personnes, lors d’attaques perpétrées au journal Charlie Hebdo, à Montrouge et dans le magasin Hyper Cacher. À partir des archives de la rédaction, nous retraçons aujourd'hui le film de ces trois jours d’attentats qui ont sidéré la France, et au-delà. Retour sur les attentats de janvier 2015.Réalisation : Laura Martel et Pierre Chaffanjon

2020-09-02 13:02:54 Lire l'article

Grand reportage - Wilmington, dans le fief de Joe Biden

Le candidat démocrate réside depuis des décennies à Wilmington, dans le petit État du Delaware. Il y mène l’essentiel de sa campagne depuis le sous-sol de sa résidence du fait de la pandémie de COVID. Joe Biden est une figure connue et appréciée dans la ville, même si Wilmington n’échappe pas aux divisions qui affectent le reste de l’Amérique. Reportage de notre envoyée spéciale permanente aux États-Unis, Anne Corpet. La gare de Wilmington est un petit bâtiment de briques rouges surmonté d’un clocher. Elle porte le nom de Joe Biden. C’est d’ici que, pendant les trente-six années où il a servi au Sénat, l’actuel candidat démocrate a pris le train chaque jour pour se rendre à Washington. Un mois à peine après avoir été élu en 1972, Joe Biden a perdu sa femme Neilia et sa petite fille Naomi, un an, dans un accident de voiture. Il a prêté serment à l’hôpital au chevet de ses deux fils blessés. Ses allers et retours quotidiens dans la capitale fédérale et les épreuves qu’il a traversées ont contribué à forger sa légende. « Le fait que la famille a toujours été ce qui compte le plus pour lui le rend précieux aux yeux d’un grand nombre de personnes ici. Pendant qu’il travaillait chaque jour très dur pour le Delaware et pour le pays, il était important pour lui de rentrer tous les soirs à la maison pour s’assurer que ses fils allaient bien et qu’ils avaient un semblant de vie normale. Et la communauté s’est soudée derrière cette famille », assure Cassandra Marshall, présidente du parti démocrate à Wilmington. « Quand son fils Beau est mort d’un cancer en 2015, les habitants de la ville se sont rassemblés autour de lui. Je pense que l’histoire de Joe Biden montre que c’est un homme qui assumera ses fonctions à n’importe quel moment », ajoute-t-elle. Sandwiches à la viande, pizza au salami et crème glacée Le candidat évoque régulièrement les deuils qu’il a traversés et sait faire preuve d’une sincère empathie auprès des Américains affectés par de douloureuses épreuves. Il cultive aussi depuis des années une proximité immédiate avec les habitants de sa ville, et il suffit de se rendre dans l’un des restaurants fréquentés par la famille Biden, pour confirmer sa popularité. Au Charcoal Steak House, des photos de l’ex-vice-président ornent les murs dans le coin où il se restaure habituellement. L’un des clichés le montre accompagné par Barack Obama. Le décor, tabourets chromés et jukebox individuels disposés sur chaque table, est typique des « diners » américains. Dilruba, serveuse, a eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer l’ex-vice-président. « C’est un homme charmant, agréable, facile d’accès », témoigne-t-elle, avant de préciser « Joe Biden vient souvent ici, parfois avec ses petits-enfants. Il aime le sandwich à la viande et nos milk shakes, oui, c’est ce qu’il préfère manger. » Mais c’est dans la pizzeria de Gianni Esposito que Joe Biden a choisi d’annoncer sa candidature à la Maison Blanche. « Sa pizza préférée est celle au salami », annonce le restaurateur, qui se garde bien de prendre parti dans la course à la présidence. « Joe Biden est un homme bien, mais à 77 ans il ferait mieux de rester à la maison et de se reposer », estime Gianni qui assure ne pas encore être décidé sur le candidat pour lequel il votera. « Mes vues politiques sont différentes de celles de Joe Biden, mais si les gens m’entendent parler, ils vont dire que je suis raciste ou fanatique. C’est l’Amérique d’aujourd’hui, on ne peut plus exprimer son opinion. Mon business c’est de vendre des pizzas et je ne veux être l’ennemi de personne. Joe Biden est un homme bien. Mais est-ce que je vais voter pour lui ? Je n’en sais rien… ». Un client intervient, et assène avec certitude que les cours de la bourse chuteront brutalement si l’ex-vice-président parvient à la Maison Blanche. « Pas de politique ici », tranche le patron du restaurant. Erik Anderson, ingénieur de vingt-neuf ans, ne bronche pas en écoutant la conversation. Mais une fois sorti de la pizzeria, il nous confie : « Je suis progressiste. Être de gauche aux États-Unis, c’est souffrir la plupart du temps. J’ai voté pour Bernie Sanders aux primaires démocrates, mais je considère que Donald Trump est une menace très sérieuse pour la démocratie. Je ne suis pas emballé à l’idée de voter pour Joe Biden, je ne suis pas très enthousiaste, mais je sais au moins que c’est un type décent. » Comme beaucoup d’habitants de la ville, Erik a eu l’occasion de croiser l’ex-vice-président. « Je l’ai vu manger une glace à la plage, il discutait avec tout le monde, il avait l’air très accessible », commente-t-il. L’appétit de Joe Biden pour les crèmes glacées est de notoriété publique, il a d’ailleurs été évoqué par ses petites filles lors d’un clip vidéo diffusé pendant la convention démocrate.  Maître-nageur dans un quartier noir  Au coin de Lancaster Street et Dupont Street, des enfants jouent au ballon sur le trottoir. Le quartier est pauvre, en grande majorité peuplée d’Afro-Américains. « J’ai rencontré Joe Biden à mon premier boulot au supermarché Janssen de Greenville », raconte Tyron, 59 ans, assis devant le porche de sa maison, « Il m’a donné cinquante dollars après que j’ai emballé ses marchandises, et il m’a dit de continuer à faire du bon boulot. Il est proche des gens, il aime tout le monde, c’est notre homme ! », lance-t-il joyeusement avant d’assurer « tout le monde dans le quartier va voter pour lui. » Plus loin, Charles Jonson pousse un caddie plein de cannettes vides qu’il ramasse pour gagner un peu d’argent. Il désigne un bâtiment bleu et jaune, au milieu d’un parc : le centre aquatique Joe Biden, fermé en raison de la pandémie. « Il y a très longtemps, il était maitre-nageur là-bas. Il était assis sur la chaise, surveillait les nageurs, et maintenant il est candidat à la présidence ! », s’exclame-t-il. À l’époque, en 1962, Joe Biden était le seul employé blanc de la piscine. Il explique avoir voulu faire ce job pour se rapprocher d’une communauté qu’il ne connaissait pas. « À l’époque, c’était déjà un quartier majoritairement noir. Il s’entend bien avec les Afro-Américains, il n’a jamais eu de haine de pour nous », témoigne Charles Jonson. Mais Jaqueline Coneway, une Afro-Américaine qui fait son jogging autour du parc n’a aucune sympathie pour le candidat démocrate. Elle éprouve même une certaine rancœur, qui date de son enfance. « Lorsque j’étais petite, je devais marcher une heure et demie pour aller à l’école. C’était l’époque où les petits Noirs étaient scolarisés dans les quartiers blancs pour faciliter notre intégration », raconte-t-elle, « beaucoup de Blancs n’étaient pas contents de nous voir traverser leur quartier. Parfois on devait courir, car ils lâchaient leurs chiens sur nous. Nos parents ont tout fait pour obtenir un bus scolaire, mais Joe Biden s’y est opposé. Les gens de couleur comme moi n’étaient pas considérés. Donc non, je ne soutiens pas Joe Biden », lâche-t-elle. Lors du premier débat démocrate pendant les primaires, Joe Biden a été attaqué par Kamala Harris sur son opposition au « busing », destiné à faciliter la déségrégation scolaire. « Le Delaware était resté un État très ségrégué en termes d’éducation. Il y a eu beaucoup de tentatives pour tenter de donner aux enfants de couleur la possibilité d’avoir une bonne éducation, mais la plupart ont été vaines. L’État a attaqué en justice à de nombreuses reprises pour que les choses restent en l’état », rappelle Samuel Hoff, professeur de Sciences politiques à l’Université du Delaware. Et il explique : « l’un des moyens les plus radicaux de déségréguer les écoles aux États-Unis et en particulier dans le Delaware, était de transporter en bus les enfants noirs dans les écoles des Blancs et vice versa. Joe Biden a commencé sa carrière en s’opposant à cela, c’était une position conservatrice. Aujourd’hui, il se défend en disant que c’était une position locale, mais c’était vraiment une position conservatrice. » « Joe Biden est mon héros personnel » Le Claymont Steak shop est un autre petit restaurant fréquenté par le candidat démocrate : c’est là que Joe Biden venait acheter ses sandwiches quand il était lycéen. Il a continué à passer déjeuner pendant les décennies qui ont suivi, et les photos du candidat à la présidence tout sourire aux côtés des employés ont là aussi été affichées. C’est le lieu qu’a choisi Larry Lambert, candidat pour le parti démocrate à la Chambre des représentants du Delaware, pour nous raconter ses liens avec l’ex-sénateur. « J’ai rencontré Joe Biden grâce au travail bénévole que j’effectuais dans ce quartier quand j’étais adolescent. Il me donnait des conseils, c’était très encourageant », se souvient-il, « plus tard, quand j’ai  malheureusement perdu mes parents et mon grand frère, je n’ai plus eu les moyens de payer les frais de l’université. Joe Biden a écrit à la commission financière de l’établissement où je postulais, et grâce à cette lettre, l’université m’a offert deux années de scolarité. Donc c’est grâce à Joe Biden, mon héros personnel, que j’ai été diplômé. » Larry Lambert ne se lasse pas d’évoquer la « chaleur de l’oncle Joe », l’impact que la proximité avec un sénateur a eu sur le cours de sa vie. « Cela m’a vraiment poussé à devenir un politicien aujourd’hui, je souhaite rendre à ma communauté ce qu’il m’a donné. », affirme le jeune Afro-Américain en campagne. Sur le plan politique, Larry Lambert est plus à gauche que son mentor, mais il refuse d’évoquer leurs divergences. « Les différences d’opinion que Joe Biden et moi pouvons avoir sur certains sujets politiques n’ont aucun impact sur mon soutien à sa candidature à la présidence des États-Unis. Je suis le plus gros supporter de Joe Biden que vous pourrez croiser ici. C’est ce qui est magnifique avec le parti démocrate, il y a de la place pour tout le monde. Et grâce aux progressistes, la ligne du parti a bougé sur l’environnement ou le salaire minimum.  C’est ce que j’aime avec Joe Biden : sa capacité à être ouvert, et aller vers les besoins de la communauté », conclut-il. Joe Biden, vendu à la gauche radicale ? Difficile de trouver des ennemis irréductibles du candidat démocrate à Wilmington. Dans le local du parti républicain bien à l’écart du centre-ville, les militants conspuent son programme, mais ne détestent pas l’homme. « Il est sympa, mais moins que Donald Trump. C’est un homme bien, mais c’est un politicien de carrière, et il est lié à tout ce qui ne fonctionne pas à Washington », lance Jeff, venu récupérer des pancartes de campagne «Trump 2020» qu’il compte planter dans son jardin. Le candidat républicain à la Chambre des représentants, Lee Murphy, se targue même d’être un ami de l’ancien vice-président, même si les deux hommes ne se sont pas croisés depuis longtemps. « J’étais conducteur de train, et j’ai connu Joe Biden lors de ses allers et retours quotidiens entre Washington et Wilmington. Parfois il me proposait de me raccompagner chez moi en voiture depuis la gare. Mais ces temps sont révolus. Dans les années 80 et 90, les gens pouvaient être en désaccord, mais tout de même bien s’entendre et rester proches. Je pense que Joe est un bon père de famille, c’est un ami, mais à ce moment précis de l’histoire nous sommes vraiment de deux côtés différents. Je défends la liberté et malheureusement Joe est du côté du socialisme et du contrôle gouvernemental », déplore-t-il avant d’enchaîner, « Joe a toujours voulu être président des États-Unis et c’est évidemment sa dernière chance vu son âge avancé. J’ai horreur de dire cela, mais il s’est complètement vendu à la gauche radicale. C’est très décevant, cela montre sa faiblesse de caractère. Franchement, s’il est élu, il sera contrôlé par les membres radicaux de son parti et c’est très triste. Ce n’est pas la personne que je connaissais il y a trente ans, cela me déçoit. » Dans le petit parc situé le long de la rivière, juste derrière la voie ferrée, un socle vide monté sur un pied en bois suscite les interrogations du visiteur. C’est là qu’était installé un nichoir à oiseaux, représentant d’un côté la gare Joe Biden, de l’autre la Maison Blanche, le tout traversé par un train. Une œuvre de Tom Burke, un artiste local  qui entendait ainsi saluer le parcours politique de l’ancien sénateur de l’État. Mais, la pancarte « roulez avec Biden, ce train est en route pour la gloire » avec laquelle il a posé pour une photographie devant son nichoir, avant de la poster sur les réseaux sociaux, a suscité la colère des propriétaires du parc, qui ont décidé de retirer son œuvre, jugée trop politique. L’anecdote illustre la montée de tension à l’approche du scrutin présidentiel. Malgré son affection pour la famille Biden, Wilmington n’est pas épargnée par la fracture qui divise l’Amérique. « Cette pancarte a été là pendant seulement vingt minutes, je me suis excusé, j’ai admis mon erreur, j’aurais aimé qu’ils ne retirent pas mon nichoir, que les Biden puissent le voir ! », se désole l’artiste qui assure avoir seulement voulu rendre hommage à la célébrité politique locale. Mais, Tom Burke reconnaît sans peine être un fervent soutien du candidat démocrate, et se prend même à rêver « J’espère que mon nichoir sera installé à la Maison Blanche au printemps prochain. ». L’artiste a même une idée précise de l’emplacement souhaité pour son œuvre : à l’endroit où se trouvait la balançoire des enfants de Barack et Michelle Obama, que Donald Trump a fait retirer à son arrivée à la Maison Blanche.

2020-09-22 12:55:45 Lire l'article

Grand reportage - L'Argentine aux portes de la légalisation de l'IVG

Ce devait être la grande conquête sociale du nouveau gouvernement argentin : la légalisation de l’IVG, l’Interruption volontaire de grossesse. Deux ans après une mobilisation historique en faveur du droit à l’avortement, le nouveau président Alberto Fernández avait promis de déposer un projet de loi allant dans ce sens. C’était au mois de mars 2020. Mais, la pandémie de coronavirus a fait passer au second plan les débats sur ce sujet qui divise si profondément la société argentine.

2020-07-14 12:34:35 Lire l'article

Grand reportage - Grèce - Turquie: tensions en mer, inquiétude à terre

Jamais, les tensions entre la Grèce et la Turquie n’ont duré aussi longtemps. Bateaux et avions turcs sur le territoire maritime et aérien grec, des armées qui se déploient dans la Méditerranée orientale. Coups de pression, menaces voilées, puis directes entre Athènes et Ankara. L’histoire des deux pays est jalonnée depuis des dizaines d’années de ces moments de tensions, d’affrontement parfois, jusqu’à l’incident militaire, mais cette fois-ci tout le monde a bien du mal à entrevoir le chemin de la désescalade. Grèce - Turquie: tensions en mer, inquiétude à terre, c’est un Grand reportage d’Anissa El Jabri.

2020-09-17 12:44:03 Lire l'article

Grand reportage - Raqqa, les fantômes de Daech (Rediffusion)

Selon les autorités locales, il faudrait près d’un milliard de dollars pour reconstruire ce qui fut, un temps, la capitale de l’organisation État islamique. Une aide qui peine à arriver tant la situation demeure instable dans la région. Les forces américaines qui avaient rasé Raqqa pour en chasser les jihadistes en 2017 ont définitivement quitté la ville au mois d’octobre 2019. Deux ans et demi après la fin de la bataille de Raqqa, un bâtiment sur deux est toujours à terre. « Raqqa, les fantômes de Daech », c’est un Grand reportage de Noé Pignède.Réalisation : Pierre Chaffanjon. Rediffusion du 12 février 2020

2020-07-27 14:57:42 Lire l'article

Grand reportage - La région Normandie, eldorado des relocalisations

Le magazine de la rédaction nous emmène aujourd'hui en Normandie, une région française engagée dans un processus de relocalisation des entreprises, un thème cher au président Emmanuel Macron qui fait de la souveraineté économique, l'une de ses priorités, suite à la crise du Covid-19.  Le gouvernement français promet d'ailleurs un investissement de 15 milliards d'euros. Mais avant même cette annonce, certaines entreprises ont fait le choix de réimplanter leurs activités en France, de la filière du lin à l'industrie de la led. La région Normandie, eldorado des relocalisations, c'est un Grand reportage de Rachel Saadoddine.

2020-09-16 14:25:59 Lire l'article

Grand reportage - Hausse des féminicides en Colombie durant le confinement

Quand la pandémie de Covid-19 rime désormais avec féminicides. En Colombie, le nombre de féminicides a très nettement augmenté pendant la période confinement. Un chiffre pour en donner la mesure : entre mars et jusqu’à la mi-août, 213 femmes ont été tuées.Et dans la plupart des affaires, les victimes avaient déjà signalé les agresseurs. «Hausse des féminicides en Colombie durant le confinement» est un Grand Reportage de Najet Benrabaa.

2020-09-07 10:29:10 Lire l'article

Grand reportage - L’insertion par le travail dans les Hauts-de-France

C’est la région de France métropolitaine où le taux de chômage est le plus élevé : les Hauts-de-France. 10,5% de la population est sans emploi, plus de 2 points de plus qu’au niveau national (environ 8%). Mais, la région est aussi celle où le nombre de demandeurs d’emplois a le plus baissé en 2019. Une baisse record depuis la crise financière de 2008. Et ce, grâce notamment à des entreprises ou associations axées sur les personnes éloignées de l’emploi. «L'insertion par le travail dans les Hauts-de-France», un Grand Reportage de Lise Verbeke. (Rediffusion du 7 avril 2020).

2020-07-20 13:29:27 Lire l'article

Grand reportage - Les Hauts-de-France, laboratoire d’une industrie textile éco-responsable 

Bastion historique de l’industrie textile en France, la région des Hauts-de-France a été touchée de plein fouet par les délocalisations massives dans les années 1980. Les usines ont fermé les unes après les autres. Mais depuis quelques années, la région renoue avec son passé. La filière reprend des couleurs car elle a su prendre le virage vers une industrie plus éthique et éco-responsable. En s’appuyant sur une tendance qui émerge : le changement de comportement des consommateurs vers le Made in France et la mode responsable. Ce changement est certes lent, mais progresse d’année en année, avec un coup d’accélérateur ces derniers mois lié à la crise du coronavirus. La région fait figure de moteur en France et elle s’est imposée comme un laboratoire de la mode responsable. Reportage de Lise Verbeke.

2020-09-09 12:23:44 Lire l'article

Grand reportage - En RCA, lutter contre la rougeole

Alors que le monde entier est focalisé sur l'épidémie de coronavirus, la Centrafrique doit aussi faire face à une autre crise, celle de la rougeole. Une épidémie déclarée comme nationale, le 24 janvier 2020, par le ministre de la Santé. La riposte vaccinale a commencé. 10 des 35 districts ont été vaccinés. Et la prise en charge des nouvelles contagions se poursuit notamment dans la région de Bossangoa qui est l'une des plus touchées. En RCA, lutter contre la rougeole, un Grand reportage de Charlotte Cosset.

2020-07-16 13:57:22 Lire l'article

Grand reportage - Lesotho, pionner africain du cannabis

Grand reportage vous emmène aujourd’hui dans l’un des plus petits royaumes d’Afrique, le Lesotho, territoire montagneux enclavé dans l’Afrique du Sud, qui est devenu en 2017, le premier pays africain à légaliser la culture du cannabis médicinal. Le cannabis, c’est presque une tradition. Depuis des siècles, le peuple Sotho fait pousser la marijuana, que l’on appelle localement la « matékoané » en langue Sotho. Le gouvernement en a fait l’un de ses axes de développement. Le Lesotho, pionner africain du cannabis, un Grand reportage de Noé Hochet-Bodin. (Rediffusion du 9 septembre 2019)

2020-07-23 13:40:44 Lire l'article

Grand reportage - ONU: coulisses d’une Assemblée générale extraordinaire

C’est généralement la semaine la plus attendue dans l’agenda diplomatique: tous les dirigeants qui le peuvent se ruent à New York, mi-septembre, pour l’Assemblée générale de l’ONU. L’occasion de faire entendre leurs vues, et de négocier entre deux couloirs plus efficacement et discrètement. Les délégations se font nombreuses autour du chef d’État, étant donné l’attrait de la grosse pomme pour le shopping et les spectacles. La police de New York est sur les dents, et boucle le quartier bruyamment. Et pour peu que vous tombiez dans un embouteillage causé par la visite du président américain, vous avez perdu votre journée. Rien de tout ça cette année. New-York a mis très longtemps pour sortir de sa torpeur, et les Nations unies ont mesuré tout ce qu’il y a de déraisonnable à faire voyager des diplomates de 193 pays en pleine pandémie. Alors qu’elle fête ses 75 ans cette année, les couloirs de l’organisation sont quasi déserts… et les salles de réunions sont quasiment toutes virtuelles. ONU, coulisses d’une Assemblée générale extraordinaire, c’est un Grand Reportage de Carrie Nooten.

2020-09-21 13:37:23 Lire l'article

Grand reportage - Sur les traces de Kamala Harris en Californie

Elle s’appelle Kamala Harris, a 55 ans. Sénatrice de Californie, elle est celle que Joe Biden a choisi en août pour devenir sa colistière dans l’espoir de battre Donald Trump le 3 novembre prochain. En cas de victoire, Kamala Harris deviendrait la première femme de couleur vice-présidente des États-Unis. Peut-être aussi disent dejà certains la première présidente noire des États-Unis. En effet, l’ancien vice-président de Barack Obama, âgé de 77 ans, a laissé entendre qu’il ne briguerait pas de second mandat. Kamala Harris a été choisie en pleine vague de tensions raciales aux États-Unis après la mort de Georges Floyd, tué par un policier blanc. Des émeutes secouent depuis plusieurs villes d’un pays de plus en plus divisé. Le tiquet Kamala Harris - Joe Biden se présente ainsi comme celui qui guérira les États-Unis de ses divisions, avec une candidate à la vice-présidence qui se pose en enfant californienne de la diversité et des droits civiques. Mais son bilan sécuritaire ne fait pas l’unanimité dans sa région. « Sur les traces de Kamala Harris en Californie » est un Grand reportage signé Eric de Salve.  

2020-09-08 12:43:53 Lire l'article

Grand reportage - Quand le vin suédois prend de la bouteille

Quand on prononce le mot "vin", on pense tout de suite à la France, à l’Italie, à l’Espagne, ou aux vins du nouveau monde, des États-Unis à l’Australie. On ne pense pas, bien sûr, à la Suède. Et pourtant, cela fait vingt ans que des pionniers se battent contre les éléments pour planter de la vigne au sud du royaume scandinave. Des efforts qui commencent à payer : Aujourd’hui, une cinquantaine de viticulteurs vendent leur production. Mieux encore : le climat suédois permet d’obtenir des vins blancs frais, toniques, ce qui devient de plus en plus difficile au sud de l’Europe à cause du réchauffement climatique. Une perspective qui incite de nombreux jeunes à investir dans la vigne. Quand le vin suédois prend de la bouteille, c’est un Grand reportage de Frédéric Faux.

2020-09-24 13:09:03 Lire l'article

Grand reportage - Andalousie: les esclaves du maraîcher de l'Europe

De l’esclavage moderne : c’est la ministre espagnole du travail qui utilise cette expression quand elle évoque ces Marocains, Sénégalais, Maliens ou migrants d’Europe de l’est venus travailler dans les serres du sud du pays, en Andalousie précisément. On y cultive melons, pastèques, poivrons, fraises ou encore tomates en plein hiver.Ces ouvriers agricoles seraient près de 100 000 à travailler dans les serres, dont au moins un tiers serait sans papiers, selon le syndicat agricole andalou, sous-payés, exploités, entassés dans des taudis.« Andalousie: Les esclaves du maraîcher de l'Europe », un reportage de Noémie Lehouelleur.

2020-09-10 12:35:23 Lire l'article