Grand reportage - El Hierro : dompter la nature pour la préserver

  El Hierro, l’une des plus petites îles de l’archipel espagnol des Canaries, multiplie les projets environnementaux. Objectif de cette terre volcanique peuplée d’environ 10 000 habitants : être une île à l’énergie 100% renouvelable, recycler 100% de ses déchets et permettre un développement de l’île respectueux de l’environnement et des traditions.  El Hierro : dompter la nature pour la préserver. Un Grand reportage de Pauline Gleize.  

2021-08-31 15:01:06 Lire l'article

Grand reportage - Génération Foot, l'académie-phare du Sénégal

Grand reportage vous emmène aujourd'hui au Sénégal où le football est roi et inspire des rêves de grandeur. Les Lions n'ont jamais remporté de trophée majeur, mais certains de ses représentants brillent dans les meilleurs clubs du monde, à l'image de Sadio Mané. La star de Liverpool, Ballon d'or africain, a débuté sa formation à Génération Foot avant de s'envoler pour l'Europe. Un chemin que beaucoup voudraient imiter au sein de l'École parmi les plus prestigieuses du pays et véritable pionnière sur le continent. (Rediffusion) «Génération Foot, l'académie-phare du Sénégal», un Grand reportage de Babacar Fall et Cédric de Oliveira.   ►À lire aussi : Pape Matar Sarr, une pépite sénégalaise qui brille en France ► Le FC Metz et l'Académie Génération Foot basée à Dakar continuent l’aventure

2021-08-26 13:40:31 Lire l'article

Grand reportage - L’allée du Cancer en Louisiane

Plus de cent quarante usines pétrochimiques sont installées depuis plusieurs décennies le long du Mississipi, entre Bâton-Rouge et la Nouvelle-Orléans, au sud de la Louisiane. Surnommé « l’allée du cancer », ce corridor industriel dégage des émissions toxiques dans une zone essentiellement peuplée d’Afro-Américains. Les Nations unies se sont inquiétées, début mars, de l’implantation annoncée de plusieurs nouvelles usines dans cette atmosphère déjà extrêmement polluée, et ont dénoncé une forme de « racisme environnemental ». (Rediffusion) De notre envoyée spéciale permanente aux États-Unis, Anne Corpet   Le président américain Joe Biden a, lui aussi, évoqué « l’allée du cancer » à plusieurs reprises, et annoncé sa volonté de lutter contre les injustices environnementales. Sur place, la population, impuissante depuis près d’un demi-siècle face au poids d’une industrie largement soutenue par les autorités locales, oscille entre rage et désespoir. « Formosa est une condamnation à mort ! » La pancarte est plantée devant la maison de Sharon Lavigne, située le long de la route, face à la digue qui protège les habitations des humeurs du Mississipi.  À 68 ans, cette habitante de St James tente de mobiliser son entourage pour empêcher l’arrivée d’une usine de fabrication de plastique sur sa commune, où sont déjà installés une dizaine d’établissements industriels. « Formosa a acheté plus de mille hectares de terres et prévoit la construction de quatorze unités dans un gros complexe. On ne peut déjà plus respirer et ils vont tripler les émissions toxiques dans le district », dit l’enseignante à la retraite. Sharon Lavigne désigne Burden Lane, à quelques encablures de son domicile : un lotissement pauvre, cerné des deux côtés par des usines. « Mon amie Géraldine vivait ici. Elle est morte. La femme qui vit dans ce préfabriqué a le cancer. Sa fille aussi. La dame dans la maison, là-bas, a eu les deux jambes amputées. Croyez-moi, personne n’est en bonne santé ici », lâche-t-elle. « Le couloir de la mort » Sharon Lavigne a toujours habité St James et garde le souvenir d’une enfance heureuse, en pleine nature. « Quand j’ai grandi ici, il y avait des champs à perte de vue autour du fleuve. L’air était pur, l’eau était propre, les sols étaient fertiles, et nous n’étions jamais malades », se souvient-elle. La première usine s’est implantée à St James au cours des années soixante, sur les terres d’une vaste plantation de canne à sucre. « Les gens trouvaient cela formidable. Tout le monde était enthousiaste, se remémore Sharon Lavigne. Pour tous, l’industrialisation était signe de progrès, de richesse. » Mais la sexagénaire vibre soudain de colère : « Les usines se sont multipliées, mais très peu de Noirs ont été embauchés. Et pendant des années, nous avons bu de l’eau sale, polluée par des produits aussi dangereux que le benzène. Les gens ont commencé à tomber malade, et il a fallu des décennies pour que nous comprenions que cela était lié à la présence de ces industries. Si je n’avais pas été aussi ignorante, croyez-moi, je me serais battue plus tôt ! » C’est à l’issue d’une réunion publique sur l’arrivée de Formosa en 2018, et après avoir été prier à l’église, que Sharon, une catholique fervente, s’est engagée dans la lutte contre l’implantation de l’usine dans son district. « Je suis devenue une activiste avant même de savoir ce que cela voulait dire. Mon association, Rise St James, est née dans ma cuisine, avec quelques paroissiens réunis autour d’une platée de gombo crevettes », sourit-elle. Et la mine grave, elle ajoute :« Les gens surnomment notre région l’allée du cancer. Mais moi, je l’appelle le couloir de la mort. Parce que vivre ici nous condamne à une mort prématurée certaine. » Un risque de cancer cinquante fois supérieur à la moyenne nationale L’appellation « allée du cancer » a été inventée il y a près de quarante ans par Darryl Malek Wiley, un militant écologiste de l’association Sierra Club à la Nouvelle-Orléans qui militait à l’époque aux côtés des syndicalistes de l’usine BASF. Il enrage de voir que, depuis, les syndicats ont disparu dans la quasi-totalité des industries pétrochimiques qui bordent le Mississipi, et que rien ou presque n’a été fait pour endiguer une pollution affolante. Avec le recul, lui aussi trouve trop restrictif le terme qu’il était fier d’avoir trouvé dans les années quatre-vingt. « Les communautés qui vivent le long du fleuve entre la Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge sont exposées à vingt produits chimiques différents dans l'air, quinze dans l'eau, et d’autres sont incrustés dans le sol. Les gens souffrent de cancers, de maladies respiratoires, de diabète. Certains de ces produits chimiques traversent le placenta et provoquent des malformations congénitales ou des fausses couches. Il y a toute une série d'effets désastreux sur la santé autres que le cancer, causés par ces usines pétrochimiques », explique-t-il avant de trancher : « Parler de vallée de la mort est plus approprié. »  L’usine japonaise Denka à St John, la dernière qui fabrique du néoprène aux États-Unis – matière des combinaisons de plongée sous-marine – est celle qui inquiète le plus les experts, du fait de ses émissions d’oxyde d’éthylène et de chloroprène. Selon l’agence fédérale de protection de l’environnement, dans la zone proche de l’usine, les résidents sont confrontés à un risque de cancer cinquante fois supérieur à la moyenne nationale.La pollution qui émane du site est ancienne : avant que les Japonais de Denka s’installent, en 2015, c’était l’entreprise Dupont qui occupait les lieux. Leslie Checksnighter, une riveraine, attribue à cette enseigne le décès de ses parents. « Ils ont construit leur maison ici un an avant l’ouverture de l’usine Dupont, en 1964. Mon père est mort d’un cancer des poumons il y a quinze ans. Ma mère a eu le cancer trois fois. Mon père cultivait son jardin, il avait des arbres fruitiers. Dupont a tué tout cela. On ne pouvait même plus planter de mauvaises herbes. Dupont relâchait des polluants entre deux et cinq heures du matin. L’odeur était omniprésente et tout virait au noir, nos arbres fruitiers sont devenus noirs, témoigne-t-elle. Aujourd’hui, avec Denka, les choses se sont améliorées. La pollution est toujours là, mais on l’oublie plus facilement : l’odeur n’est plus aussi atroce qu’auparavant. » Willy Me ne veut pas dire son âge, mais rentre chez elle à tout petits pas. Elle vit sur la 31e rue, celle qui longe les grillages de l’usine Denka. « Mon fils travaillait dans cette usine et il est mort il y a cinq ans. Il avait quarante-cinq ans, et avait toujours été en bonne santé. Pour moi, c’est l’usine qui l’a tué, c’est tout ce que je peux vous dire », lâche-t-elle avant de refermer sa porte. Un groupe de corneilles survole les modestes maisons. « Dans le temps, il y avait des rossignols, mais ils ont disparu, tout comme les papillons », remarque un voisin assis sous son porche. Un dérivé du chlore à un niveau plus de trois cents fois supérieur aux normes À plus d’une centaine de kilomètres à l’ouest du fleuve, à New Iberia, Wilma Subra, chimiste, analyse depuis des décennies les émissions de produits toxiques du couloir industriel. Elle a fondé son propre laboratoire, afin de transmettre directement aux habitants les résultats de ses découvertes, sans avoir à batailler contre une hiérarchie récalcitrante. Des piles de documents encombrent son canapé, ses étagères et le sol de son bureau. « Selon l’évaluation nationale de la toxicité dans l’air, le chloroprène est probablement cancérigène, et le seuil à risque dans l'air ambiant a été fixé par les autorités fédérales à 0,2 microgramme par mètre cube », entame-t-elle avant d’extirper une carte des environs de St John de l’un de ses dossiers. « Tout ce secteur dépasse largement le seuil requis. Ces prélèvements ont été effectués en 2017 par l’EPA, l’Agence fédérale de protection de l’environnement. Près de l’école élémentaire de St John, le niveau de chloroprène dans l’air atteint presque 50 microgrammes par mètre cube. Et si vous vivez près de la voie ferrée, le niveau atteint 67,4, soit  337 fois plus que le seuil à ne pas dépasser. Personne ne devrait être ainsi exposé ! », s’indigne-t-elle. Après la sortie des premiers prélèvements effectués par l’EPA en 2015, l’entreprise incriminée a promis une baisse de 85% de ses émissions, mais aucun contrôle fiable n’a été réalisé par les autorités, et les toxiques dans l’air restent de toute façon bien au-delà des normes. Denka a également tenté d’obtenir – sans succès – la modification du seuil de 0,2 microgramme par mètre cube. « C’est comme si un médecin vous demandait d’arrêter de fumer et que vous tentiez de négocier vos quinze cigarettes par jour »,s’exclame Wilma Subra, avant de reconnaître dépitée :« Vous pouvez aller faire des prélèvements tous les six mois, délivrer des sommations, ils feront toujours appel en justice. Les recours peuvent prendre des années et, pendant ce temps, la population vit toujours là, vraiment très exposée ». Et la chimiste de conclure : « La population de St John a eu le taux de mortalité dû au coronavirus le plus élevé des États-Unis. Cela est évidemment lié à leur état de santé dégradé, résultat des émissions toxiques auxquelles ces gens ont été exposés toute leur vie. » Les descendants des esclaves : une population invisible Sur plus de cent kilomètres le long du Mississipi, entre la Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge, les usines se succèdent sans discontinuer. Seul un petit bois ou quelques maisons regroupées séparent parfois les gigantesques structures d’acier, les immenses réservoirs de pétrole brut, ou les étendues de bâtiments rougis par les poussières de bauxite. C’est la présence du fleuve, voie d’accès royale au golfe du Mexique, et la présence de matières premières – le sel, le pétrole brut, le gaz naturel – qui ont attiré les industries. Mais aussi la possibilité de racheter les immenses terrains des anciennes plantations de canne à sucre, qui occupaient autrefois les rives du Mississipi. « Après la guerre civile, la plupart des esclaves exploités dans ces plantations ont été libérés, mais beaucoup d’entre eux sont restés dans la région. Ils se sont installés sur des petits lopins en bordure des terres où ils avaient été asservis. Les familles de planteurs ont vendu leurs propriétés aux raffineries et aux industries chimiques, et personne ne s’est soucié du sort de ces populations, de ces “communautés des clôtures’’, surnommées ainsi parce qu’elles jouxtaient les grilles des propriétés », relate Craig Colten, professeur de géographie à l’université de Bâton-Rouge, auteur de recherches sur l’industrialisation de la Louisiane. Et il assène : « Toute la littérature spécialisée du début du XXIe siècle précise que les industries doivent éviter les zones peuplées pour choisir leur site d’implantation, pour éviter les procès, et ne pas exposer les gens aux odeurs ou au risque d’explosion. Mais ces conseils ont été complètement ignorés au sud de la Louisiane. Comme il s’agissait majoritairement de Noirs, ces gens étaient tout simplement invisibles. » Joe Bonner descend d’une famille noire implantée le long du Mississipi au XVIIIe siècle. Elle tient un petit café le long de la route, dans une jolie maison rose située juste devant la digue qui isole le fleuve. « La région est importante sur le plan historique pour les Afro-Américains. Nous, les descendants des plantations, nous essayons de préserver notre héritage, de le protéger. Mais les industries n’hésitent pas à acheter des terres sacrées : plusieurs tombes d’esclaves sont désormais inaccessibles, isolées sur des zones de production ceintes de barbelés. » Et la jeune femme ajoute :« Certains parlent de réparation pour les descendants d’esclaves, pour tout ce travail qui n’a jamais été payé. Est-ce que cela ne serait pas juste de s’assurer que nous puissions au moins vivre en bonne santé ? Cessez de nous empoisonner, laissez-nous juste survivre, avoir de l’air pur ! » Sharon Lavigne, elle, l’assure : seuls les propriétaires blancs se voient proposer des offres de rachat pour leurs propriétés, de la part des industries. « Nous, les Afro-Américains, nous sommes ignorés. Ils ne nous emploient pas, ne nous proposent pas de jolies sommes pour nous permettre de déménager. Ils attendent simplement de nous voir mourir », dénonce l’enseignante à la retraite.  Blâmer les victimes « La justice environnementale sera au cœur de notre politique », a assuré Joe Biden le 27 janvier, en signant un décret présidentiel sur le climat. « Les communautés les plus touchées sont des communautés de couleur, comme celle de l’allée du cancer, en Louisiane », a précisé le président américain. De quoi donner de l’espoir aux habitants du corridor pétrochimique. Mais les quelques mots de l’hôte de la Maison Blanche ont immédiatement entraîné une riposte du sénateur républicain de Louisiane, qui a dénoncé « une gifle » contre son État. « En Louisiane, nous avons un plus fort taux de cancer que dans d’autres États »,a reconnu Bill Cassidy avant de pondérer : « Nous avons plus de fumeurs de cigarettes, d’obèses, de certaines infections virales et d’autres facteurs qui accroissent le cancer dans notre État ». Dans la foulée, l’association chimique de Louisiane, un lobby de l’industrie, a sorti un spot publicitaire dans lequel elle se présente comme soucieuse de l’environnement. « À chaque fois que quelqu’un évoque le terme ‘‘allée du cancer’’ au niveau national, c’est le même refrain, on blâme les victimes », se désole Vickie Boothe, une épidémiologiste installée à la Nouvelle-Orléans pour sa retraite. L’industrie et le sénateur républicain peuvent affirmer ce qu’ils veulent : si les hauts risques de cancer sont incontestables et ont été établis par une agence fédérale dans le corridor pétrochimique, il n’y a pas de données précises sur l’état de santé réel des habitants. « Il n'y a jamais eu d'étude épidémiologique de haute qualité qui ait examiné le large éventail de conséquences sur la santé auxquelles on pourrait s'attendre, vu les produits toxiques et les particules répandus dans l'air. Le registre du cancer de Louisiane dilue les cas recensés dans le couloir pétrochimique parmi ceux d’une zone beaucoup plus large, ce qui fausse les données », déplore Vicky Boothe. Et la retraitée, décidée à pallier ce manque d’informations en tentant d’effectuer elle-même une étude, explique : « L’industrie pétrochimique exerce des pressions décisives. Les universités dépendent de ses financements et de ses emplois pour garantir l’avenir de leurs étudiants. Résultat, aucune ne dispose de département épidémiologique digne de ce nom. Et les autorités de l’État sont acquises à la cause de l’industrie : le directeur du département de la santé de Louisiane a traité les habitants de St John de menteurs et de marchands de peur lors d'une réunion publique. » « L’allée du cancer est une décision politique » « L'allée du cancer est une décision politique, assène Wilma Subra, chimiste qui étudie les émissions toxiques du couloir pétrochimique depuis des décennies. Les usines sont venues parce que nous avons des ressources naturelles, mais aussi parce que les politiciens les ont invitées ou encouragées à s'installer ici. L’État les aide financièrement à construire leurs infrastructures, leur offre des avantages fiscaux. Ces usines ont été accueillies à bras ouverts pour empoisonner la communauté. » Le département de la qualité environnementale de Louisiane, organisme de l’État chargé de veiller au respect des normes édictées au niveau fédéral, est sous-financé et ne prend pas toujours la peine de vérifier que les industriels se conforment aux permis de polluer qu’ils ont obtenus auprès des autorités locales. « Dans cet État, il y une mentalité politique selon laquelle tout ce qui nuit à l'industrie nuit à la population. Et selon laquelle les garde-fous de santé publique coûtent trop cher », déplore Andrew Jacoby, avocat, spécialiste de l’environnement à la Nouvelle-Orléans. « Nous allons régulièrement au Parlement pour tenter de changer les lois ou proposer des résolutions qui semblent raisonnables, mais la législature nous dit toujours non et assure que cela coûtera cher en termes d’emplois. Mais quand l’industrie fait des suggestions, même les plus grotesques sont acceptées. C’est comme s’ils avaient un gros tampon vert qui dit oui à l’industrie, et un gros tampon rouge qui dit non aux communautés »,s’agace le jeune avocat avant de regretter :« Résultat, les gens perdent le goût de se battre, parce qu’ils ont l’impression que leurs intérêts ne seront jamais protégés. » De fait, dans la 31e rue de St John qui borde l’usine Denka, la majorité des riverains se sentent impuissants. « J’ai peur, je sais qu’ils nous empoisonnent, mais qu’est-ce que je peux faire ? Je n’ai pas les moyens de déménager et ils ne m’ont jamais offert de racheter mon terrain. Je ne peux pas me battre contre ces gens avec mes quelques milliers de dollars  : ils en ont des milliards ! », soupire Carl Selders. À ses côtés, deux voisins opinent du chef. « Ils nous tuent sans contrepartie, c’est ainsi », ajoute Carl, fataliste.  Sharon Lavigne, elle, est néanmoins décidée à lutter de toutes ses forces pour empêcher l’implantation de nouvelles usines à proximité de sa paroisse. « Je ne me bats pas que pour moi, mais pour toute la communauté. Je ne veux pas laisser mes voisins mourir sans me battre. Si on perd, on aura au moins essayé. Mais on ne va pas se coucher et les laisser prendre nos terres. Non, ça ne se passera pas comme ça », lance la sexagénaire avec énergie. Sharon Lavigne est d’ailleurs convaincue que Joe Biden viendra bientôt rendre visite aux habitants de l’allée du cancer. Elle prévoit de lui chanter l’hymne de son association, écrit après qu’un juge fédéral a retoqué le premier permis de construire de Formosa. Un chant de victoire, inspiré des cantiques qu’elle entonne chaque semaine à l’église. Même si Formosa est loin d’avoir déposé les armes. Émission initialement diffusée le 5 avril 2021.

2021-08-25 13:50:34 Lire l'article

Grand reportage - Raqqa, ex-capitale de l’État islamique, peine à se reconstruire

L’organisation État islamique a été vaincue en Syrie, par les dernières frappes de la coalition internationale en 2019. Durant cinq ans, les jihadistes ont régné sur une partie du pays, en instaurant la capitale de leur califat à Raqqa. Des années d’horreur pour la population de la ville. Elle se relève petit à petit, mais une crise économique la frappe durement. La reconstruction se fait attendre et certains craignent un retour des jihadistes. Grand reportage de Murielle Paradon et Boris Vichith

2021-09-02 16:27:20 Lire l'article

Grand reportage - Famille des djihadistes et victimes d’attentats, comment reconstruire ensemble ?

Il y a 6 ans, le 13 novembre 2015, la ville de Paris vivait l’horreur avec des attaques multiples menées par un commando terroriste.  6 mois plus tard  une série de trois attentats suicide frappait Bruxelles, à l’aéroport et dans le métro.  Le procès des attentats de Paris s’ouvre ce 8 septembre, ceux de Bruxelles eux sont prévus pour l’année prochaine. En parallèle le groupe de travail franco-belge Retissons du Lien n’a pas attendu pour proposer un processus de justice restauratrice. Familles de djihadistes et victimes d’attentats, ils se réunissent pour faire société. « Famille des djihadistes et victimes d’attentats, comment reconstruire ensemble ? » Un grand reportage d’Oriane Verdier, réalisation Laurie Plisson.

2021-09-03 14:19:21 Lire l'article

Grand reportage - France: Violences conjugales, sortir de l’enfer

Chaque année en France, plus de 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Violences physiques et psychologiques qui se sont accentuées à cause de la crise du Covid-19, plus 30% de signalements lors du premier confinement. Les féminicides sont au nombre de 77 depuis le début de l’année, selon les associations.La réponse pénale s’est durcie ces dernières années concernant les auteurs de violences conjugales, mais seulement 1 fait de violence sur 5 est dénoncé par les victimes.  « Violences conjugales, sortir de l’enfer », un grand reportage dans le nord de la France, de Lise Verbeke

2021-08-30 15:22:16 Lire l'article

Grand reportage - Une Slovénie en pleine « orbanisation » à la tête de l'UE

Depuis le 1er juillet, la Slovénie assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Ce mandat de six mois représente une charge essentiellement symbolique, mais il intervient au moment même où le petit pays issu de la dissolution de l’ancienne Yougoslavie, frontalier de l’Autriche, de l’Italie et de la Hongrie, est en pleine dérive autoritaire. Dirigée par l’ultraconservateur Janez Janša, un proche de Viktor Orbán, la Slovénie s’aligne désormais sur la politique réactionnaire de Budapest et du Groupe de Visegrád. Trente ans après son accession à l’indépendance, en 1991, elle n’a plus rien de la « Suisse des Balkans » dont beaucoup rêvaient lors de l’indépendance. Une Slovénie en pleine « orbanisation » à la tête de l'UE, un grand reportage signé Jean-Arnault Dérens et Simon Rico.

2021-09-01 13:46:14 Lire l'article

Grand reportage - Sur la route des vins en Bolivie

Quand on dit Bolivie, on pense plutôt quinoa des hauts plateaux andins ou café d'Amazonie, mais la Bolivie et c'est moins connu produit aussi du vin. Minuscule producteur viticole à côté des géants chilien et argentin, ses voisins, la Bolivie grimpe pourtant sur la scène viticole internationale. Peu à peu, des restaurants haut de gamme proposent à leur carte ces vins produits dans de toutes petites bodégas familiales. Sur la plupart des domaines, la production ne dépasse pas les quelques milliers de bouteilles par an. «Sur la route des vins en Bolivie», un Grand reportage d'Alice Campaignolle. ►À écouter aussi: Les vins d'altitude boliviens. (diffusion en 2013)

2021-08-24 15:39:35 Lire l'article

Grand reportage - Les dernières heures de la République Islamique d'Afghanistan

Retour sur les derniers jours de la République islamique d’Afghanistan… avant que le pays ne tombe à nouveau entre les mains des talibans à l’issue d’une guerre qui a duré 20 ans, la plus longue de l’histoire des États-Unis. Les insurgés fondamentalistes religieux ont pris leur revanche deux décennies après que leur régime a été renversé en 2001 par les États-Unis à la tête d’une coalition internationale.Washington avait lancé leur offensive en réaction aux attentats du 11 septembre perpétrés par le groupe terroriste islamiste Al Qaeda, hébergé en Afghanistan. Le régime taliban mis en cause pour son régime fondamentaliste basé sur la charia qui réserve un sort terrible aux femmes, est renversé au profit d’une démocratie soutenue par les occidentaux. Certaines femmes vont pouvoir bénéficier durant ces vingt années d’avancées majeures en termes de droits. Des avancées remises en question avec la prise de pouvoir par les talibans.  Reportage de Sonia Ghezali avec la collaboration de Jamail Basir.

2021-09-09 14:15:02 Lire l'article

Grand reportage - Mémoire et réparations de l'esclavage, éternels défis pour le Texas

Le 19 juin 1865, 2 000 soldats de l’Union parviennent dans la dernière ville confédérée du pays. Le Général Gordon Granger annonce alors la libération immédiate des esclaves. Cette date marque la fin effective de l’esclavage dans tous les États-Unis. Cette ville, c’est Galveston, au Texas. Ce grand port du commerce triangulaire, est aujourd’hui une station balnéaire, une attraction touristique, historique et un lieu de mémoire en périphérie d’une des grandes villes noires du pays, Houston… Même si le Congrès américain vient (ce mercredi 16 juin 2021) de voter pour que le 19 juin devienne le 11ème jour férié dans tous les États-Unis…. depuis 156 ans, de Galveston à Houston, on commémore l’anniversaire de la fin de l’esclavage, mais aussi le chemin qui reste encore à parcourir pour panser les plaies. «Mémoire et réparations de l'esclavage, éternels défis pour le Texas», de Thomas Harms. (Rediffusion du 18 juin 2021) ►À écouter aussi sur RFI: - La transmission de la mémoire de l'esclavage - Pourquoi raconter des histoires de l'esclavage? - Esclavage, notre histoire: les 20 ans de la loi Taubira - Esclavage : mémoires transatlantiques

2021-09-17 13:50:14 Lire l'article

Grand reportage - 20 ans plus tard: le 11-Septembre tue toujours

On les appelle les survivants. Des pompiers, policiers, secouristes, ouvriers qui étaient en 1ère ligne le 11 septembre 2001. Durant des semaines, 24 h sur 24, ils participent aux opérations de secours, puis de nettoyage, 20 ans plus tard, ils sont des milliers à avoir développé des maladies à cause de la poussière et des fumées qu’ils ont inhalées à ce moment-là. Des maladies qui, au fil des années, ont fait plus de morts que les attentats eux-mêmes. Une communauté qui a dû se battre pour être prise en charge.

2021-09-10 13:53:48 Lire l'article

Grand reportage - Il faut sauver les pilotes

«Eject ! Eject ! Eject !», disent les équipages au moment d’abandonner en catastrophe leur aéronef. Mais, une fois au sol, en zone hostile, il faut échapper à l’ennemi. Dans ce cadre, la base aérienne 120 de Cazaux, abrite le centre de formation à la survie et au sauvetage. (Rediffusion) «Il faut sauver les pilotes», un Grand Reportage de Franck Alexandre.

2021-08-19 13:30:08 Lire l'article

Grand reportage - La nuit du 13-Novembre : les urgentistes se souviennent

Vendredi 13 novembre 2015 à Paris, les urgentistes de l’hôpital Saint-Antoine, et de l’hôpital Saint-Louis sont les premiers à voir arriver les victimes de la plus grande vague d’attentats qu’a connus la France : 130 personnes ont perdu la vie et 400 blessés ont été hospitalisés dans ces attaques dont le procès s’ouvre le 8 septembre.Et dans cette nuit du 13 novembre au cœur des hôpitaux de l'assistance publique, c’est un combat effréné pour sauver des vies qui s’enclenche grâce, aussi, à la solidarité des soignants dont beaucoup sont revenus spontanément épauler les équipes de garde. L’hôpital Saint-Antoine est à peine à 600 mètres du restaurant La Belle Équipe, à 3 kilomètres du Bataclan. Six ans après trois urgentistes et un psychiatre témoignent de cette nuit gravée à jamais.

2021-09-08 14:29:53 Lire l'article

Grand reportage - Photojournalistes et police, la guerre des images

Ils sont souvent en première ligne, lors des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre… Ces photojournalistes qui couvrent des manifestations se retrouvent, ces dernières années, au milieu de rassemblements de plus en plus violents. Une violence qui s’ajoute à une précarité grandissante et à des conditions de travail dégradées. Le mécontentement de la profession culmine, fin 2020, avec la proposition de loi Sécurité Globale, adoptée le 24 novembre 2020 par l’Assemblée Nationale. (Rediffusion) En cause notamment : l’article 24 qui punit la diffusion d‘images malveillantes des forces de l’ordre. Alors que la Loi Sécurité globale doit passer devant le Sénat en mars prochain, les mobilisations se poursuivent dans la rue… «Photojournalistes et police, la guerre des images», un Grand reportage de Pauline Bandelier.

2021-08-18 14:35:24 Lire l'article

Grand reportage - Agriculture en France: quand les jeunes prennent la relève

Premier producteur agricole de l’Union européenne devant l’Allemagne et l’Italie, la France, doit assurer la relève. Près de la moitié de ses 400 000 agriculteurs sont en âge de prendre leur retraite. Mais seulement 2 exploitations sur 3 sont reprises, en général par un fermier voisin qui veut s’agrandir. Pourtant, il y a moyen d'encourager les jeunes à s’installer, car les volontés ne manquent pas. Exemple en Ardèche, dans le centre sud de la France. (Rediffusion) «Agriculture en France: quand les jeunes prennent la relève», un Grand Reportage d'Ariane Gaffuri. En images

2021-08-27 14:00:08 Lire l'article

Grand reportage - Ce que la normalisation avec Israël a changé aux Émirats

C‘était il y a un an? jour pour jour. Le 15 septembre 2020, deux des monarchies arabes du Golfe - à savoir les Émirats arabes unis et Bahreïn - signaient à Washington un accord de normalisation de leurs relations diplomatiques avec l‘État d‘Israël. Aux Émirats, cet accord signé sous l‘égide des États-Unis n‘a pas suscité la moindre critique. Du moins, publiquement. Les retombées économiques ont, par ailleurs, été très importantes pour le pays. Sur le terrain, les accords d‘Abraham ont aussi eu des conséquences pour la communauté juive locale, dont la vie quotidienne est aujourd‘hui facilitée. «Ce que la normalisation avec Israël a changé aux Émirats», un Grand reportage de Nicolas Keraudren. Réalisation : Laurie Plisson. 

2021-09-15 14:30:48 Lire l'article

Grand reportage - Adoptions forcées au Chili, mères et enfants à la recherche de la vérité

Entre les années 1960 et les années 1990, plus de vingt mille enfants chiliens ont été adoptés et emmenés à l'étranger par des familles françaises, italiennes, américaines, belges ou encore canadiennes. Des adoptions encouragées par la dictature du général Pinochet. Mais des années après, des voix ont commencé à s'élever au Chili : plusieurs milliers de mères biologiques n'avaient en fait jamais accepté que leurs bébés soient donnés en adoption. RFI est allé à la rencontre de ces femmes au Chili, mais aussi d'enfants adoptés en France, qui recherchent leurs origines. De notre correspondante au Chili, À 1 200 kilomètres au sud de Santiago, sur l'île de Chiloé, Ruth Huisca remet du bois dans le poêle qui réchauffe la pièce principale, en plein hiver austral. Cette employée de maison, âgée d'une cinquantaine d'années, nous reçoit dans une maison rouge à l'architecture typique de l'île, avec sa façade recouverte de bardeaux de bois. Au milieu des années 1980, Ruth vit et travaille à Osorno, dans le sud du pays. Elle tombe enceinte de son petit-ami quand elle a 17 ans, et lui en a 16. Il part dans une autre ville, et Ruth accouche seule d'une petite fille à l'hôpital d'Osorno. Mais elle n'ose pas retourner chez elle, à la campagne. « À l'époque, je n'aurais pas pu revenir chez mes grands-parents avec un bébé. Ils m'auraient mise dehors, ils m'auraient collé une raclée. Alors j'ai eu peur de leur dire que j'étais enceinte. Et j'ai cherché une pension pour ma fille, je l'ai confiée à une dame en qui j'avais confiance. » Les premiers mois, Ruth voit son bébé tous les jours, et travaille en même temps dans un bar. Mais les clients se font rares, et elle trouve un emploi mieux payé sur l'île de Chiloé à 200 kilomètres de là. Sa fille, Claudia, reste en pension auprès de la même personne, une ancienne collègue de travail. « Je lui donnais 5 mille pesos par mois, c'était une somme importante à l'époque. Mais je suis tombée malade, et pendant six mois j'étais alitée. Je n'ai jamais su exactement ce que j'avais. Et je n'ai pas pu envoyer d'argent à ce moment-là. Alors cette dame m'a dénoncée », raconte Ruth autour d'un café et de biscuits, pendant que la pluie se met à tomber dehors. Ruth est convoquée au tribunal, accusée d'avoir abandonné sa fille. À ce moment-là, elle ne sait quasiment pas lire, car elle a quitté l'école à 12 ans. Elle ne comprend pas les documents qu'on lui présente. « L'assistante sociale ici m'a dit que j'étais jeune, qu'un jour j'allais me marier et avoir beaucoup d'enfants et que je ne m'inquiète pas. Et qu'il fallait que je signe. Je lui ai demandé si j'allais pouvoir revoir ma fille, elle m'a dit que oui. Elle m'a assurée que si je ne signais pas, j'allais être arrêtée. J'ai eu peur d'aller en prison. Et j'ai fini par signer. » Elle réalise ensuite que ces documents étaient des papiers pour donner Claudia en adoption. Et malgré des recherches auprès du commissariat, Ruth n'a jamais retrouvé sa fille. C'est seulement il y a quelques années, qu'elle s'est rendue compte qu'elle n'était pas la seule à avoir vécu une histoire similaire. « Je l'ai entendue pleurer. Ensuite, je ne l'ai plus jamais vue » De retour à Santiago, Aída Cáceres nous reçoit dans une petite maison, dans la commune de Padre Hurtado. Avant de s'installer dans la capitale, elle aussi vivait dans le sud du Chili. Elle a perdu la trace de son deuxième enfant juste après avoir accouché à l'hôpital de Coronel, à 500 kilomètres de la capitale. «  À 21 ans, je suis tombée enceinte d'une petite fille. Je suis arrivée à l'hôpital avec des complications. Ma fille est née, et je me souviens très bien que l'infirmière a dit " Regarde comme ta fille est belle ". C'est tout ce dont je me souviens. Je l'ai entendue pleurer. Et ensuite, je ne l'ai plus jamais vue. », raconte-t-elle. Une soignante lui dit que sa fille est morte. Mais Aída n'arrive pas à y croire, et elle cherche à en avoir le cœur net. Nous sommes alors en 1986. « Je l'ai cherchée dans l'hôpital de Coronel, mais elle n'était pas là. J'ai demandé ce qui lui était arrivé, posé plein de questions. Jusqu'à ce que je trouve cette infirmière. Et elle m'a dit : " Ta fille n'est pas morte. Elle a été envoyée dans un foyer pour mineurs". Ils ont dit que je l'avais abandonnée ! Mais je n'ai jamais été devant le tribunal, je n'ai jamais signé de documents d'adoption, jamais. » Aída a cherché sa fille pendant des années, sans succès. Mais il y a trois ans, elle reçoit des messages sur Facebook, depuis la France. « Est-ce que tu es ma mère ? ». « Cette question-là, je ne l'oublierai jamais. » Depuis, elle prend régulièrement des nouvelles de sa fille, malgré la barrière de la langue. Marie, c'est son nom actuel, lui envoie bientôt une copie de son dossier d'adoption. « Voilà, ça c'est son passeport… », dit-elle en feuilletant le dossier, qu'elle a imprimé et garde précieusement. Elle s'attarde sur la photo d'identité de sa fille : « C'était encore un bébé… ! », soupire-t-elle. Et elle s'étonne sur la rapidité avec laquelle sa fille a été adoptée. « Car elle est née le 21 septembre, et le 17 décembre de la même année, elle était déjà en train de quitter le Chili, avec une décision de justice disant qu'un couple français venait la chercher. Et puis dans le rapport, il est écrit que je vivais à la rue, et que j'étais alcoolique. Alors que je n'ai jamais bu une goutte d'alcool ! Et j'ai toujours été assez casanière, toujours eu un toit. » Des centaines de plaintes déposées Au Chili, plus de 700 plaintes ont été déposées ces dernières années pour des adoptions forcées, qui ont eu lieu principalement pendant la période de la dictature de Pinochet, entre 1973 et 1990. Mais la police judiciaire chilienne et les associations de victimes estiment que depuis les années 1960, plus de 20 mille enfants chiliens pourraient avoir été adoptés de manière irrégulière. L'une des ces associations s'appelle « Hijos y madres del silencio », (« Enfants et mères du silence »). Marisol Rodriguez, qui est à la recherche de sa grande sœur, est la porte-parole de cette ONG créée en 2014 pour aider des mamans à retrouver leurs enfants. « Nous sommes environ 12 mille personnes, dans un groupe Facebook privé. Nous faisons tout en ligne. Pour aider les mères et leur famille dans leurs recherches, nous leur demandons de faire un test ADN car elles n'ont pas vraiment d'autre moyen de trouver leurs proches. Les enfants adoptés à l'étranger, par contre, ont souvent des documents, le nom d'une ville, un nom de famille... On fait les recherches avec eux mais on leur suggère aussi de faire un test ADN pour être sûrs, car les papiers qu'ils ont sont souvent faux. Malheureusement, seules 250 recherches ont abouti pour l'instant. », affirme Marisol Rodriguez. Les femmes victimes de ces adoptions forcées étaient principalement pauvres, jeunes, célibataires, et parfois issues des peuples autochtones du Chili, notamment le peuple mapuche. Certaines étaient illettrées. L'association a identifié une série de personnes et d'institutions dont les noms reviennent dans les dossiers d'adoptions forcées. « Des religieuses et des prêtres étaient impliqués, très souvent des assistantes sociales aussi. Des avocats, des juges... Des hôtels... Il y avait tout un réseau, assure Sol Rodriguez, co-fondatrice de l'association. Et il s'agissait aussi de faire croire aux parents adoptifs qu'ils étaient en train de faire quelque chose de bien. Pas qu'ils étaient venus chercher un enfant qui avait disparu de l'hôpital. » Ces intermédiaires utilisaient les mêmes méthodes pour retirer les enfants à leurs mères. « La première, c'était de dire aux mères que leur enfant était mort à la naissance, mais sans leur donner le corps, explique Sol Rodriguez. La deuxième méthode concernait plus souvent les mères qui travaillaient comme employées de maison ou à la campagne par exemple : ces gens leurs disaient qu'ils allaient s'occuper de leurs enfants la semaine, et qu'elles pouvaient venir les chercher les week-ends. Mais après quelques semaines, ils les donnaient en adoption sans leur accord. Enfin, dans le troisième cas, ils disaient aux mères que leurs nouveaux nés avaient des maladies très graves, qui ne pouvaient pas être soignées ici. Et que si elles aimaient leur enfant, elles devaient le donner en adoption, pour qu'il ne meure pas au Chili. » Pour plus de 700 enfants, la dernière adresse connue au Chili, indiquée sur leur passeport, était celle de plusieurs hôtels à Santiago. Guido, 59 ans, a travaillé dans l'un de ces hôtels, qui a fermé depuis. Pour la première fois, il accepte de raconter au micro de RFI ce qu'il a vu. Nous le retrouvons chez lui, en banlieue sud de la capitale, après sa journée de travail. Quand il était employé au restaurant de l'hôtel, entre 1979 et 1997, il a croisé de nombreux couples qui venaient adopter des enfants au Chili. « Ils restaient environ deux mois, se souvient-il. Au début, ils étaient seuls pendant une ou deux semaines. Puis apparaissait  quelqu'un qui leur donnait tous les contacts. Et ensuite les enfants arrivaient », dit-il. « Au bout de quinze jours à peu près ils descendaient au restaurant de l'hôtel faire la paperasse avec les avocats, je les servais à table. Les Italiens adoptaient seulement des bébés, jamais des enfants plus grands. Et les Français et les Australiens adoptaient des enfants de 3 ou 4 ans environ. » Aujourd'hui, il se pose des questions sur le rôle qu'a joué l'hôtel dans ces adoptions. Il se souvient par exemple d'une femme, qui était officiellement directrice des relations publiques. « Elle avait son bureau là-bas, mais elle n'a jamais vraiment travaillé comme chargée de relations publiques. Quand les couples étrangers arrivaient, ils cherchaient toujours à parler avec elle. Elle faisait le lien entre les avocats et les parents adoptifs, parce qu'elle parlait français et anglais. » Un pic d'adoptions sous la dictature Des adoptions irrégulières ont eu lieu, avant et après la dictature du général Pinochet. Mais si ces réseaux ont pu fonctionner sans problème sous le régime militaire (1973-1990), c'est notamment parce que la junte elle-même avait décidé de promouvoir les adoptions d'enfants pauvres par des couples étrangers. C'est ce qu'a montré l'historienne Karen Alfaro dans ses recherches. Elle enseigne à l'université australe du Chili, à Valdivia, et travaille depuis plusieurs années sur ce sujet. « Sous la dictature, le Chili est devenu l'un des principaux pays d'où partaient des enfants pour être adoptés à l'étranger, précise-t-elle. Les adoptions forcées d'enfants s'inscrivent dans le cadre d'une politique de violence sociale contre ces familles pauvres. Il s'agissait d'une sorte d'eugénisme social. » À l'époque, le régime transforme le Chili en laboratoire du néolibéralisme, sous l'influence des « Chicago Boys », rappelle la chercheuse. « La dictature tentait de montrer son développement économique. Dans ce contexte, ces catégories sociales pauvres, et les " mineurs irréguliers" comme ils les appelaient, étaient perçues comme un problème, souligne la chercheuse. La presse les désignait comme " le grand problème " de notre pays. » En pleine guerre froide, la dictature craignait qu'en grandissant, ces enfants rejoignent l'opposition. D'autre part, les dirigeants de la junte militaire ne souhaitaient pas dépenser d'argent dans des programmes sociaux. « Ils se proposent donc d'augmenter significativement le nombre d'adoptions d'enfants chiliens, a constaté Karen Alfaro. Pour cela, les démarches d'adoption sont alors simplifiées. » Lors de ses recherches, l'historienne a montré que des enfants ont été vendus entre 6 500 dollars, pour un bébé, et 150 mille dollars, pour une fratrie. Mais pour elle, sous Pinochet en particulier, les motivations des intermédiaires étaient souvent idéologiques, plus que financières. « J'ai pu mener des entretiens avec des assistantes sociales impliquées dans des affaires d'adoptions irrégulières, précise l'historienne. Et elles disaient que ces pratiques avaient lieu dans le cadre d'une politique institutionnelle. Elles étaient convaincues d'avoir sauvé des enfants de leurs propres familles, car elles pensaient qu'ils étaient destinés à la pauvreté, au chaos. Il y avait donc des raisons idéologiques chez beaucoup de fonctionnaires, médecins, juges et assistantes sociales. » Une diplomatie des adoptions Enfin, d'après ses recherches, le régime a utilisé ces adoptions pour renouer des relations diplomatiques avec plusieurs pays occidentaux qui avaient accueillis un nombre important d'exilés chiliens et où la dictature était particulièrement critiquée pour les violations des droits de l'Homme qui s'y produisaient. La Suède, par exemple, a été l'un des principaux pays de destinations des enfants chiliens adoptés à l'étranger. À l'époque, les autorités suédoises avaient été alertées sur des irrégularités, mais ont décidé de fermer les yeux. À la même période, la France a été le quatrième pays où le plus de petits chiliens ont été adoptés, selon des données partielles compilées par les autorités consulaires chiliennes. Le ministère français des Affaires étrangères, de son côté, indique que 1 706 enfants chiliens ont été adoptés en France depuis 1981, sans plus de précisions, malgré plusieurs relances de notre part. Le droit de connaître ses origines À des milliers de kilomètres de Santiago, ces enfants ont grandi et certains cherchent aujourd'hui à connaître leur histoire. Lucile Gimberg, de l'antenne de RFI en espagnol, est allée à leur rencontre dans le sud-ouest de la France. Près de Toulouse, l'association Chilean Adoptees Worldwide, (Chiliens adoptés à travers le monde), a organisé une réunion d'information à la fin du mois de juillet, dans une salle des fêtes. Quelques dizaines de personnes sont présentes, dont Johanna Lamboley. Elle est l'une des représentantes en France de cette ONG. « J’ai été adoptée au Chili en 1986, à l’âge de 5 ans et demi, explique-t-elle. J'ai été volée à ma maman biologique, avec qui je vivais. Elle a passé 36 ans à me chercher. » Grâce à l'association, Johanna a retrouvé sa mère. Mais elle considère que ce sujet est encore trop peu connu. « Il y a une omerta dans le monde de l'adoption en France, donc on veut alerter les enfants chiliens qui recherchent leurs racines qu'on existe, qu'ils peuvent nous contacter et qu'on peut essayer de les aider dans la mesure du possible, pour reconnecter avec leur identité », dit-elle. Se reconstruire autour de son histoire personnelle Toutes les adoptions d'enfants chiliens n'étaient pas forcément irrégulières. Mais le résultat des recherches, provoque souvent des émotions contradictoires. Laetitia Bourgier, 34 ans, a elle aussi réussi à contacter sa famille biologique au Chili. Après avoir cherché pendant des années, elle fait appel au Service national des mineurs à Santiago, qui retrouve finalement sa mère, et lui transmet une lettre et une photo d'elle. « Quand je vois sa photo, ça y est je vois à qui je ressemble ! On a le même nez, la même bouche, les mêmes yeux et sourcils », dit-elle avec un grand sourire. « Quand on est adopté, la question de savoir à qui on ressemble, c’est la première question qu’on se pose. Avant toute autre chose, " à qui je ressemble ? " Et là ça y est ! », se souvient-elle. Dans le courrier, « Elle me dit qu’elle ne m’a jamais donnée à l’adoption. Là, pour moi, c'est quand même un soulagement. Je me dis que ce n’était pas que dans ma tête. Mais ce n'est pas simple. Cela change toute mon histoire, qui est le fondement de mon identité comme personne. Ça a été un tsunami psychique, cette découverte-là. Je ne l’aurais pas fait des années avant parce que j’étais pas assez forte. Et cela remis beaucoup de choses en question. En rentrant en France, je me demandais : quelle est ma vie ? L'ai-je vraiment choisie ? et mon travail ? ». Laetitia découvre aussi qu'on a dit à sa mère qu'elle était morte à l'hôpital. Et elle se rend compte que son acte de naissance a été falsifié. Aujourd'hui, elle s'interroge sur la responsabilité de la France dans ces affaires. « On ne peut que se questionner. Il y a quand même beaucoup, beaucoup d’enfants qui sont sortis du Chili vers la France, qui sont passés par l’ambassade de France, souligne-t-elle. Ils connaissent le fonctionnement des lois. Or des enfants sont sortis du pays sans certains documents obligatoires… Il y a pas mal de zones de flou. Ce serait quand même très étonnant qu’ils ne se soient pas questionnés sur ça », pointe-t-elle. Un comité d'accueil à l'aéroport de Toulouse Les associations de victimes pensent que le plus souvent, les parents adoptifs n'étaient pas au courant que ces enfants n'avaient en fait jamais été abandonnés. Le père de Laetitia, André, a soutenu sa fille dans la recherche de ses origines. Il est l'un des rares parents à accepter de raconter les démarches qu'il a menées avec sa femme à l'époque. « En fait ça a été très simple. On savait déjà qu'en France c’était très difficile, les adoptions. Il fallait compter 4 ou 5 ans, et encore, ce n’était pas évident, explique-t-il au micro de Lucile Gimberg, de l'antenne de RFI en espagnol. Et on savait que c’était plus simple d’adopter dans un pays étranger. » Le couple connaît plusieurs personnes qui ont déjà adopté au Chili. Ils choisissent donc de partir pour Santiago. Leurs amis leur donnent des contacts et des adresses. Une sorte de guide de l'adoptant, écrit à la main, et grâce auquel ils trouvent Laetitia dans un hôpital après seulement quinze jours sur place. Ils payent uniquement des frais de traduction, des frais administratifs dans les tribunaux, assure André Bourgier. Lui et sa femme ne remarquent rien qui leur semble anormal. À leur retour, ils sont attendus à l'aéroport de Toulouse par un comité d'accueil très enthousiaste. « Une quinzaine ou une vingtaine d'amis, qui avaient déjà adopté des petits chiliens. Ils nous attendaient presque comme le messie, à l'aéroport. C’est fabuleux comme émotion ! » En France, le tribunal prononce l'adoption plénière de Laetitia sans difficultés. Alors quand sa fille lui apprend qu'elle a été retirée de force à sa mère biologique, « Sur le coup bien sûr ça m’a fait quelque chose, parce qu'il faut quand même le digérer », se remémore André Bourgier. Mais aujourd'hui, dit-il, il est content que Laetitia ait pu retrouver sa famille biologique. « Maintenant, quand elle parle de son histoire, elle est un peu plus libérée. Elle est moins stressée », estime-t-il. Tabou Pour d'autres parents cependant, aborder ce sujet avec leurs enfants adoptifs semble inenvisageable. C'est ce qui est arrivé dans la famille d'Alban Dubaux, 30 ans, que Lucile Gimberg a rencontré lors de la réunion d'information de l'association Chilean Adoptees Worldwide, près de Toulouse. Ce jeune gendarme a été adopté à Punta Arenas, la ville la plus australe du Chili, en Patagonie. Sur son passeport, qui a été établi au Chili, quand il avait seulement 15 jours, Alban portait déjà son nom et son prénom français. Une irrégularité qui complique aujourd'hui la recherche de ses origines, mais n'a pas empêché qu'il sorte du pays sans encombre, puis soit adopté en France. « D'après ce qu'ils m'ont dit, mes parents adoptifs ont été contactés avant ma naissance », précise-t-il. Au début, ses parents lui racontent d'où il vient. Mais vers l'âge de 6 ans, sa mère le trouve en train de fouiller dans son dossier d'adoption. Puis elle se braque, et refuse de reparler de ses origines. Quelques années après, Alban se rend compte que les papiers ont disparu. « Impossible de remettre la main sur les documents que j'avais vu quand j'étais petit. Et après en parlant avec mes parents, j'ai vu que c'était très tabou, impossible de parler plus avec eux. C'était vraiment violent, vraiment pour que j'arrête de fouiner et que je mette mon nez ailleurs. », raconte-t-il. Malgré l'opposition de ses parents adoptifs, Alban a décidé de continuer les recherches de son côté. Il s'est marié il y a trois ans, et lui et sa femme aimeraient avoir des enfants. Mais avant cela, Alban voudrait connaître sa propre histoire. « Ce qui m'importe le plus c'est vraiment de savoir qu'est-ce qu'il s'est passé surtout. Pourquoi j'ai été abandonné ? Est-ce que c'est voulu ? Pas voulu ? Et j'ai besoin de toucher la chair de ma chair, que ce soit un frère, une soeur, un grand-parent... », dit-il. Pouvoir prendre sa mère biologique dans ses bras, c'est aussi ce que souhaite Johanna Lamboley, de l'association Chilean Adoptees Worldwide (CAW). Si les restrictions sanitaires le permettent, elle ira au Chili cette année, pour la première fois depuis son adoption. Et elle lance un appel aux autorités françaises. « On voudrait juste que le gouvernement français, comme l’ont fait les gouvernements de Suède, de Hollande et d'ailleurs, nous aide et reconnaisse aussi qu’il y a eu une part d’erreurs dans leur traitement des dossiers d’adoption », précise-t-elle. À Santiago, Aída Cáceres rêve elle aussi de rencontrer sa fille en personne. Mais pour l'instant, elle n'a pas les moyens de payer un billet d'avion pour la France.  Enfin, pour l'association Hijos y madres del silencio, il est urgent que les enquêtes déjà en cours au Chili avancent. D'après sa cofondatrice, Sol Rodriguez, ces adoptions forcées pourraient constituer des crimes contre l'humanité. « On ne peut pas laisser tout cela sous le tapis alors qu'il y a eu tant d'injustice. Des mères meurent en ce moment sans savoir où sont leurs enfants, regrette-t-elle. C'est terrible car il s'agit de vols d'enfants et ici au Chili, il y en a eu des milliers. » Elle rappelle que les adoptions forcées concernent aussi d'autres pays que le Chili. Enfin, elle demande au gouvernement de son pays de relancer un projet de banque de données ADN, créé pour aider les mères à retrouver leurs enfants, mais qui est à l'arrêt depuis un an et demi.   ►Pour en savoir plus : - Association Hijos y madres del silencio - Association Nos buscamos - Association Chilean Adoptees Worldwide (CAW)  - Programme de recherche des origines, du Service national des mineurs (Chili) - Enquête journalistique du média chilien en ligne Ciper, dans laquelle est mentionné l'hôtel Conquistador  - Reportage de RFI en 2014, lors des premières révélations journalistiques sur ce sujet  - Adoptions irrégulières dans d'autres pays que le Chili : (Suisse / Sri Lanka)

2021-09-14 13:29:24 Lire l'article

Grand reportage - Grèce : quand le feu s’éteint

La Grèce a été confrontée, cet été, à une série de violents incendies qui ont détruit plus de 100.000 hectares de forêts et de terres agricoles à travers le pays. Le feu a frappé au même moment la région du Péloponnèse, les faubourgs de la capitale Athènes et l’île d’Eubée, dont la partie nord a été particulièrement sinistrée, provoquant sur place une catastrophe à la fois environnementale et économique. Pour contenir les flammes, les autorités grecques ont aussi bénéficié d’une aide internationale et du soutien, notamment, de près d’un millier de pompiers européens. « Les gens de passage nous disaient ‘c’est un vrai paradis ici, nous reviendrons !’ C’est vrai, c’était un paradis. Mais maintenant, après l’incendie, pourquoi reviendraient-ils ? » Dans la région montagneuse et boisée de l’Arcadie, dans le Péloponnèse, les flammes qui menaçaient le petit village grec de Kalliani ont été stoppées à temps par les pompiers français. Le feu, ici, est éteint et c’est le soulagement. Les téléphones immortalisent alors une courte scène de liesse entre villageois grecs et pompiers français, une ronde d’une dizaine de personnes, bras-dessus, bras-dessous, au son du sirtaki. « Maintenant les choses vont mieux et les quelques reprises de feu sont sous contrôle. » Comme le confirme un peu plus tard ce pompier grec, le feu est à présent vaincu en Arcadie. En attendant le départ prochain de l’aide internationale, il n’est pas rare de croiser des pompiers allemands ou tchèques sur les routes sinueuses qui serpentent le long de la montagne. Le véhicule tout terrain des pompiers français que nous suivons s’engage lui pour l’heure sur des pistes moins balisées. Dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Monet est lieutenant-colonel de sapeurs-pompiers. Lui qui dirait que le feu a été ‘estanqué’, c’est-à-dire ‘arrêté’ en provençal, s’enthousiasme face aux paysages qui ont été épargnés par les flammes. « On connait cette végétation parce qu’elle ressemble à la nôtre, ou à celle de la Corse en vraiment riche, très riche. Une version très luxuriante. Donc là du chêne blanc sur notre droite, ensuite du chêne vert, des oliviers très vieux bien sûr, du pin d’Alep, on retrouve aussi pas mal de cyprès un peu comme en Toscane, qui sont en état naturel. Et puis après pour le reste, c’est des buissons type lentisques, un peu d’épineux aussi, mais c’est vraiment une très très belle forêt méditerranéenne. » Une fois le feu vaincu, la mission des pompiers consiste à l’empêcher de renaître de ses cendres. Sur les crêtes, le vent souffle ce jour-là sur la chaleur de l’été grec. Un cocktail météorologique qui incite les professionnels à la prudence face au risque de reprises des flammes. Même si après un incendie, tous les nouveaux départs de feux n’ont pas la même valeur. « Il y a deux types de feu. Il y a toutes les reprises qui sont dans la zone brûlée. Parce que la zone brûlée, elle est en peau de léopard, donc il y a d’énormes surfaces vertes encore et donc on peut encore brûler une maison, des hectares, etc, mais a priori ne pas mettre en jeu la surface totale du feu. Et puis il y a encore plus préoccupant, ce sont les reprises, qui se situent sur ce qu’on appelle les lisières, autrement dit sur la bordure du feu, entre le brûlé et l’imbrûlé. Et si ça repart là, on peut repartir pour 500, 1000 hectares et c’est ça le problème. Donc il faut savoir aussi avoir une approche un peu… je n’ose pas dire ‘stratégique’, mais c’est un peu ça. Si on a un petit boqueteau d’arbres qui brûlent au milieu du brûlé et puis que ce n’est que ça on va le laisser, alors que si c’est une lisière qui va gagner dans la forêt verte, là il faut intervenir. Voilà. » Il s’agit à présent pour les pompiers de trouver des promontoires, des points culminants, offrant la vue la plus large possible sur la zone montagneuse accidentée. Leur vigilance se porte ensuite sur l’apparition d’éventuelles fumées, voire de fumerolles, qui indiqueraient la présence de nouvelles flammes. L’enseigne de vaisseau Brechet. « On a eu de l’activité sur les trois jours précédents, avec des reprises de feu, des souches qui n’avaient pas pu être ‘noyées’, imbibées d’eau, et donc qui avec la chaleur reprenaient. Et aujourd’hui en plus, là-dessus, vient s’ajouter du vent, donc on a de gros risques de reprises. C’est pour ça que les autorités grecques nous ont demandé de répartir les moyens français sur différents points stratégiques pour pouvoir intervenir au plus vite sur les départs de feu. » À quelques fumées près et hormis de rares passages d’hélicoptères ou de canadair, la journée est finalement calme. Une journée au cours de laquelle les pompiers français apprennent d’ailleurs la nouvelle de leur départ imminent. En Arcadie, le feu n’est plus à présent qu’un souvenir, mauvais, dont le passage fait contraster abruptement une végétation verte, vive et foisonnante avec des arbres morts, dont il ne reste que le tronc. Leurs racines sont dorénavant enterrées sous la noirceur morne de la terre brûlée. Athènes, la capitale grecque, n’a pas été épargnée par les fumées et les cendres colportés par les incendies de l’été. Et pour cause, 30 kilomètres plus au nord, dans le secteur de Varibobi, les abords du mont Parnès ont eux aussi été la proie des flammes. Vangelis Katsanos, ingénieur de 34 ans, avait évacué sa maison de Thrakomakedones, miraculeusement sauvée des flammes grâce à un voisin resté sur place. Une fois les flammes évanouies pourtant, à quelques mètres de chez lui, l’épaisse forêt d’antan a laissé place à une majorité de troncs nus et calcinés. « Pour moi, ce n’est pas le brûlé que cela sent mais la mort, comme s’il s’agissait d’une scène de film d’horreur. Ici, en théorie c’est une forêt nationale, un espace protégé. Comme vous pouvez le voir, il n’en reste pas grand-chose. Dans cette direction, vous pouvez constater qu’à quelques exceptions près, tout l’horizon est noir. Rien n’est plus pareil. J’avais l’habitude de me promener avec mon chien jusqu’au village de Varibobi, là-bas. À présent, je pense que je ne le ferai plus jamais. C’est un vrai déchirement. Il n’y a plus rien, même plus tous ces insectes exaspérants avec leur bourdonnement. Quand ils étaient là, je ne pouvais pas les supporter, mais maintenant ils me manquent. » Le bourdonnement des insectes a été à présent remplacé par le bruit du vent qui s’infiltre dans les branchages dégarnis et qui propage toujours une odeur tenace de terre brûlée. Vangelis, qui a été hébergé par des amis lorsque l’incendie faisait rage, a encore la voix marquée par l’émotion. « Il y a tout de même un point positif. Tout le monde était prêt à nous aider, même des gens à qui nous n’avions pas parlé depuis plusieurs années. Quand les temps sont durs, nous nous soutenons les uns les autres. Mais pourquoi est-ce le cas uniquement dans les moments difficiles ? Pourquoi faut-il attendre que le monde soit en feu, pourquoi ne nous comportons pas ainsi au quotidien ? Si nous agissions comme ceci plus souvent, peut-être que ce type de situations ne se produiraient pas… Mais bref, ce serait une trop longue conversation… » Giorgos Ridos vit dans le village de Varibobi, dans la banlieue d’Athènes. Il est chauffeur de taxi et de la solidarité, lui aussi en a fait preuve au cours de l’incendie. Le soir – le chauffeur évoque quatre nuits sans sommeil – il a lutté avec des voisins contre les flammes pour les empêcher d’atteindre leurs habitations. La journée, il a collaboré bénévolement avec la Croix-Rouge. « Chaque jour je remplissais le taxi d’eau, de jus et de nourriture pour les pompiers et j’allais sur le front des incendies pour leur apporter quelque chose à manger et à boire, parce qu’ils étaient livrés à eux-mêmes. Certains pompiers étaient en larmes et nous prenaient dans leurs bras en nous remerciant, simplement parce qu’on leur apportait un peu d’eau. » Le feu dissipé, l’heure est à présent au ressentiment. Le trentenaire s’emporte. Lui, qui se dit par ailleurs convaincu du caractère criminel des incendies, pointe du doigt la désorganisation des secours et plus généralement la gestion des autorités qu’il juge calamiteuse. « J’étais au supermarché lorsque j’ai vu les premières flammes. Je me suis dit ‘ok ils vont les éteindre’. Chaque année nous avons des incendies, ici, dans le secteur de Varibobi et chaque année, en une demi-heure, le feu est éteint. Pourquoi pas cette fois-ci ? Que s’est-il passé, qu’est-ce qui a changé ? Les autorités se sont contentées de déployer un grand nombre de policiers, qui nous disaient depuis leurs voitures ‘n’allez pas là-bas, il y a le feu’. Ce n’est pas de policiers dont il y avait besoin mais de pompiers, c’est là tout le problème ! » Face au mécontentement et aux critiques d’une partie de la population, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis est allé jusqu’à présenter des excuses lors d’un discours télévisé. « L'étendue de la catastrophe, en particulier sur l’île d’Eubée et dans la région athénienne, nous assombrit tous le cœur. Je demande d’abord pardon pour les faiblesses existantes. Je comprends parfaitement la douleur de nos concitoyens qui ont vu leur maison ou leurs biens incendiés. Il est évident que la crise climatique frappe désormais à la porte de toute la planète, avec des incendies qui durent des semaines. C'est une explication, mais pas une excuse ou un alibi. Et je le dirai clairement : nous avons peut-être fait ce qui était humainement possible, mais dans de nombreux cas, dans la bataille inégale avec la nature, cela n'a pas semblé suffisant. » Un lieu symbolise particulièrement la catastrophe que vient de vivre la Grèce, l’ile d’Eubée, évoquée dans le discours du Premier ministre. Ici, dans le nord de l’île, les incendies ont fait rage pendant près d’une semaine, laissant derrière eux des paysages de désolation et une nature meurtrie. Le contraste est saisissant. En venant d’Athènes -distante d’environ deux heures de route- il faut d’abord traverser le sud de l’île où la végétation – la forêt qui borde la route – est majoritairement verte, dense et luxuriante. En arrivant, ensuite, dans la partie nord, le paysage change, et -à l’exception de certaines zones préservées- le paysage s’étend sur des kilomètres de terres dévastées et d’arbres morts, en particulier des pins. La forêt est, pour ainsi dire, devenue chauve, sous l’effet des flammes qui ont comme rasé sa chevelure de verdure. Dans le village côtier de Limni, la présence ce matin du ministre de l’environnement Kostas Skrekas illustre l’ampleur des dégâts dans la région. Face au micro tendu, le ministre ne s’arrête pas et fait cap sur la mairie. Quelques minutes plus tôt, son hôte, le maire Giorgos Tsapourniotis, revenait sur les circonstances de l’incendie qui a ravagé le nord de l’ile d’Eubée. « Dorénavant, nous vivons au jour le jour. Nous nous devons de rester debout... La situation a été extrêmement difficile. Le feu s’est répandu très rapidement sur une longueur de 3 ou 4 kilomètres. Le résultat c’est que dès le deuxième jour, il est devenu incontrôlable. Les efforts entrepris pour l’arrêter n’ont pas été ceux adaptés ni ceux que nous espérions. Dès le départ, nous avons demandé davantage de moyens aériens pour lutter contre le feu. Mais ces moyens sont arrivés tardivement parce qu’il y avait aussi d’autres incendies dans le pays, en particulier à Athènes. Au final, c’est ce délai qui explique l’étendue des dégâts. » En plus des nombreux hectares de forêts et de terres agricoles parties en fumée – ils sont estimés à environ 50.000 – le maire de Limni dénombre dans son secteur quelque 300 maisons détruites par les flammes, une trentaine de commerces en tout genre et près de 3000 animaux morts. Un désastre écologique ‘impossible à évaluer’ selon lui. « Les producteurs de résine, les agriculteurs, les employés du secteur touristique et les citoyens de manière générale doivent être indemnisés et soutenus. Le désastre est incalculable. » Avec le passage du feu, le nord de l’ile d’Eubée vient de perdre beaucoup de son potentiel d’attractivité. Un coup très rude pour les acteurs d’un tourisme, par ailleurs majoritairement local. Qui viendra encore se promener dans une forêt morte ? Qui viendra s’assoir sur une des plages du nord avec vue sur un paysage brûlé, lorsque les yeux se détournent de la mer ? Ici, le feu et ses conséquences ont rendu l’avenir incertain. Maria Zachariou est restauratrice dans un restaurant du front de mer à Limni. « Psychologiquement, pour nous, c’est très dur. Moi par exemple, autour de ma maison qui a été épargnée par les flammes, avant, tout était vert. Et aujourd’hui, tout, tout, absolument tout est noir. Nous espérons beaucoup de la solidarité des gens et qu’ils continuent à venir visiter l’ile d’Eubée. Il y a toujours la mer, les habitants, les magasins… La vie continue même si une partie de la forêt, elle, n’est plus là. Pour nous qui vivons du tourisme ou pour ceux qui travaillaient dans les bois, je ne sais pas à quoi va ressembler l’avenir. » L’incendie n’a pas davantage épargné les producteurs de résine, les apiculteurs ou encore les éleveurs. Angelos Anagnostis et sa femme Maria, retraités, possédaient 250 chèvres. Près d’un quart d’entre elles n’ont pas survécu aux flammes qui se sont attaquées à leur étable. À présent, les rescapées broutent dans un enclos accolé au village de Kourkouli. « Que va-t-on faire maintenant au quotidien ? Nous tous ici qui élevons des animaux, nous passions nos journées dans la montagne à prendre soin des bêtes, à faire la traite. Maintenant les animaux sont ici, au village, comme s’ils étaient pris au piège. » Le piège d’une nature morte s’est aussi refermé sur les habitants du nord d’Eubée, privés de cette nature qui les accompagnaient et les faisaient vivre. À l’image de ses arbres. « Il n’y a plus un seul pin qui n’a pas brulé. C’est ce que je disais à ma femme : pour la pluie comme pour le soleil, il va nous falloir un parasol. Regardez autour du village, il n’y a plus d’ombre nulle part... Nous avons fait tout notre possible. Nous avons marié nos enfants, construit deux maisons, qu’aurions-nous pu faire de plus en tant que parents ? C’est plus qu’un incendie, c’est un désastre. Nous avons déjà eu des feux par le passé, et ils avaient été éteints. Que s’est-il passé cette fois-ci ? Pourquoi une si grande partie de l’ile a-t-elle brûlé ? Pour l’environnement comme pour notre économie, c’est une catastrophe. » Cette ‘catastrophe’ aussi donné naissance à un certain nombre de théories complotistes, favorisées par l’origine régulièrement criminelle des incendies, ainsi que par la loi grecque, qui n’interdit pas les constructions sur les espaces forestiers partis en fumée. À Eubée, certains sont ainsi persuadés que le feu a été mis délibérément pour favoriser un projet d’installation d’éoliennes. Une théorie suffisamment répandue pour qu’une représentante de WWF Grèce l’invalide officiellement sur les réseaux sociaux. À écouter Angelos, on a en tout cas le sentiment qu’en plus de la forêt, c’est la vie sur cette ile d’Eubée - la vie telle qu’il la connaissait - qui est partie en fumée. Les flammes ont provoqué ici un drame familial. Sur les cendres de la catastrophe, c’est régulièrement le ressentiment et la colère qui prospèrent, à l’image des propos d’Evangelia, la belle-fille d’Angelos.) « Personnellement, j’ai appelé les pompiers à de nombreuses reprises et le 112 aussi, le numéro d’urgence. Le feu a atteint les environs des maisons, les gens étaient livrés à eux-mêmes. Les secours me disaient qu’eux aussi étaient seuls, qu’ils ne pouvaient rien faire de plus, parce qu’il y avait un autre incendie près d’Athènes, à Varibobi. Alors quoi, il n’y a que Varibobi en Grèce ? Dans le village, si les maisons n’ont pas brûlé, c’est parce que ce sont les habitants qui les ont protégées. Avec leurs tracteurs, avec des branchages ou à main nue, ils ont repoussé le feu. Mais dans d’autres villages, des maisons ont brûlé. Ici, nous sommes les premiers à avoir reçu la consigne d’évacuer. Les autorités avaient peur à cause de ce qui s’est passé à Mati et ils nous disaient de partir. Mais pour aller où ? » En 2018, dans le village de Mati, non loin d’Athènes, un violent incendie avait provoqué la mort d’une centaine de personnes. Un évènement traumatique en Grèce. La priorité des autorités actuelles a donc été d’éviter à tout prix un ‘nouveau’ Mati, d’où des consignes d’évacuation à l’approche des feux. Là où le bât blesse – c’est en tout cas ce qui ressort de nombreux témoignages – c’est qu’au-delà des appels à évacuer, les moyens mis en place pour contenir les incendies eux-mêmes n’ont souvent pas paru suffisants pour limiter la progression spectaculaire des flammes. Même si la présence de différents fronts parallèles, dans plusieurs régions grecques, a considérablement compliqué l’organisation des secours. À Eubée, si certains veulent croire qu’ils pourront trouver du travail dans le réaménagement de la forêt carbonisée, d’autres se doutent que tôt ou tard, ils devront partir. À la recherche d’un travail ailleurs que sur leur île. « Nous voilà sans emplois. Mon mari récolte la résine. Il la collectait sur le tronc des pins. La résine, c’est une matière première qui est notamment utilisée dans les cosmétiques. Tous les habitants du village étaient dans ce commerce de la résine, qu’ils apportaient ensuite dans une usine. Et la situation est tout aussi difficile pour les apiculteurs ou pour les bergers, qui ont tous perdu des abeilles ou des bêtes. Nous parlons de 40 à 50 ans de travail partis en fumée. Pour nous tous, le chômage guette. Maintenant que le Nord de l’île d’Eubée a brûlé, où donc allons-nous trouver du travail ? » Les incendies n’étaient pas encore éteints qu’Athènes annonçait déjà une aide de 500 millions d’Euros destinés aux zones sinistrées de l’ile d’Eubée et de l’Attique, la région qui entoure la capitale grecque. À travers le pays, cet été, plus de 100.000 hectares sont partis en fumée. Le feu est passé mais pour de nombreux Grecs, il faut maintenant apprendre à vivre avec les cendres que les flammes ont abandonnés dans leur sillage.   ‘Grèce : quand le feu s’éteint’, un Grand Reportage de Joël Bronner, réalisation Ewa Piedel.

2021-09-13 16:30:19 Lire l'article

Grand reportage - Attentats du 13-Novembre: la double peine des Français musulmans

Le procès des attentats de Paris s’ouvre ce mercredi 8 septembre. Une étape importante pour la reconstruction des victimes directes, mais aussi pour toute la société française visée dans son essence par cet acte de terrorisme. Parmi les citoyens les plus touchés, ceux de confessions musulmanes ont dû, en plus du deuil collectif faire face aux amalgames de plus en plus communs entre leur religion et le terrorisme. Notre reporter Oriane Verdier est allé à leur rencontre. « Attentats du 13-Novembre : La double peine des Français musulmans » un Grand Reportage d’Oriane Verdier réalisation Ewa Piedel.

2021-09-07 14:02:10 Lire l'article

Grand reportage - France: le grand épuisement des internes en médecine

Ils ne sont pas encore diplômés et pourtant leur métier les épuise déjà, voire les tue. En France, les internes en médecine représentent 40% du personnel médical dans les hôpitaux. Mi-médecin, mi-étudiant, certains travaillent plus de 80 heures par semaine, et tous sont confrontés au quotidien à la violence du monde médical.Depuis le début de l’année 2021, au moins 7 internes se sont suicidés, victimes de surmenage, pression, harcèlement, absence d’accompagnement psychologique...  «France : le grand épuisement des internes en médecine», un Grand reportage de Claire Leys.

2021-09-16 13:37:55 Lire l'article

Grand reportage - Attentats du 13 novembre 2015: est-il possible de se reconstruire?

C'était dans la soirée du 13 novembre 2015. Des terroristes attaquaient presque simultanément le Bataclan, une salle de concert, des terrasses de cafés et de restaurants parisiens, et les abords du Stade de France. Bilan : 130 morts et des centaines de blessés. Pour ceux qui ont pu en réchapper et pour les proches des victimes, s'en remettre est un chemin long, difficile, impossible parfois. Alors que s'ouvre ce mercredi 8 septembre le procès des attentats du 13 novembre 2015, RFI donne la parole à trois personnes directement touchées. Est-il possible de se reconstruire ?  Un Grand Reportage de Marine de La Moissonnière. Réalisation : Pierre Chaffanjeon.  

2021-09-06 13:43:37 Lire l'article

Grand reportage - En Afrique du Sud, les descendants des peuples Khoi et San en quête de reconnaissance

En Afrique du Sud, on les appelle les «premières nations», les Khoisan, ou encore les Bushmen et plus péjorativement les Hottentots : ce sont les peuples les plus anciens du pays, déjà installés dans la région australe, bien avant les populations bantoues. Ce groupe est en réalité composé de deux tribus bien distinctes : les chasseurs-cueilleurs San déjà présents dans le pays, il y a plus de 20 000 ans, et les éleveurs Khoi Khoi apparus bien plus tard. (Rediffusion) Aujourd’hui, après avoir été décimés lors de la colonisation, puis oppressés sous l’apartheid, le nombre des descendants sud-africains de ces populations indigènes est incertain, et ils se retrouvent noyés au sein de la catégorie «métisse», soit environ 9% de la population.   Mais certains continuent de se battre, pour faire revivre leurs traditions, et faire respecter leurs droits...  «En Afrique du Sud, les descendants des peuples Khoi et San en quête de reconnaissance», un Grand reportage de Claire Bargelès.

2021-08-20 13:30:07 Lire l'article

Grand reportage - Liban: le calvaire des employées de maison africaines

Grand reportage nous emmène au Liban, à la rencontre des kafalas, ces femmes venues d’Asie et d’Afrique, employées de maison. Depuis les années 70, le Liban en a fait venir des centaines de milliers, elles seraient aujourd’hui près de 300 000, pour 5 millions d’habitants, un système institutionnalisé, la Kafala. Elles travaillent dans des familles libanaises, souvent 7 jours sur 7, une quinzaine d’heures par jour, pour quelques centaines de dollars par mois, et souvent maltraitées.

2021-08-23 14:59:58 Lire l'article

Grand reportage - Irak: une génération exploitée

Ce ne sont que des enfants et pourtant, ici là ils travaillent dans les champs, ailleurs dans les ateliers, bien souvent, frêle silhouette en guenille, nous les frôlons dans les rues. Pour la première fois en 20 ans, le travail des enfants a augmenté à travers le monde. Ils sont aujourd'hui près de 160 millions à travailler, soit 8,4 millions de plus qu’en 2016. En cause notamment : la crise du coronavirus et l'augmentation de la pauvreté. Un exemple parmi beaucoup d’autres, l’Irak. Là-bas, le nombre d'enfants forcés de travailler n'a cessé d'augmenter depuis les années 90, en raison des conflits, des déplacements forcés et des défis économiques. «Irak : une génération exploitée», un Grand reportage de Lucile Wassermann.

2021-09-20 14:05:22 Lire l'article